Omnilogismes du jour
Chaque jour, un article de culture générale sur tout et n'importe quoi. Une infusion de savoir quotidienne ! Voir les Non lu | Plus vieux en premierLe sextant
Omnilogismes du jour par il y a 23h et 13min - Favoriser (lu/non lu)

Imaginez-vous en pleine mer, sans téléphone, sans GPS, sans même un bout de terre à l'horizon. Rien que de l'eau à perte de vue. Comment diable savoir où vous êtes ?
C'est le problème qui a hanté les marins pendant des siècles. Et une bonne partie de la réponse tient dans un instrument aussi élégant qu'ingénieux : le sextant.

Le principe est d'une simplicité remarquable. Commençons par la nuit : si vous êtes dans l'hémisphère nord, repérez l'étoile polaire. Mesurez l'angle entre cette étoile et l'horizon. Cet angle, c'est votre latitude. Oui, c'est tout.
Pourquoi ? Parce que l'étoile polaire se trouve (presque) exactement au-dessus du pôle Nord. Si vous êtes au pôle, elle est à la verticale : 90°. Si vous êtes à l'équateur, elle rase l'horizon : 0°. À Paris, vers 49° de latitude nord, elle se trouve à… 49° au-dessus de l'horizon. Magique.
Mais encore faut-il mesurer cet angle avec précision. C'est là qu'intervient le sextant, mis au point au XVIIIe siècle. L'instrument porte ce nom car son limbe — l'arc gradué — couvre un sixième de cercle, soit 60°(1). Le marin regarde l'horizon à travers une lunette, puis ajuste un miroir pivotant jusqu'à ce que l'image de l'astre se superpose exactement à la ligne d'horizon. L'angle se lit alors sur le limbe, à la fraction de degré près. Un degré de latitude correspondant à environ 111 kilomètres, chaque minute d'arc compte : elle représente un mille nautique, soit 1,852 km.
Et le jour, quand les étoiles ne sont pas visibles ? On utilise le Soleil, mais c'est un peu plus sportif. Le marin attend midi solaire — le moment où le Soleil est au plus haut — et mesure sa hauteur maximale. Ensuite, il consulte des tables astronomiques appelées éphémérides, qui lui donnent la déclinaison du Soleil ce jour-là, c'est-à-dire sa position par rapport à l'équateur céleste. Un petit calcul, et voilà la latitude.
Le 21 juin, le Soleil est à 23,4° au-dessus de l'équateur ; le 21 décembre, il est à 23,4° en dessous. Entre les deux, les éphémérides donnent la valeur exacte pour chaque jour.
Reste un détail que les plus malins auront remarqué : le sextant ne donne que la latitude (la position nord-sud). Pour la longitude (est-ouest), il faut connaître l'heure exacte, ce qui a posé un tout autre problème pendant des siècles — résolu seulement en 1761 par l'horloger John Harrison et son chronomètre de marine. Mais ceci, comme on dit, est une autre histoire.
Aujourd'hui encore, malgré le GPS, les officiers de marine apprennent à utiliser le sextant. Car les satellites peuvent tomber en panne ; les étoiles, elles, sont toujours là.
- (1)↑ Grâce à un jeu de miroirs, il permet en réalité de mesurer des angles allant jusqu'à 120°.
Les étoiles polaires
Omnilogismes du jour par le 16/02/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Vous le savez probablement : pour trouver le nord la nuit, il suffit de lever les yeux et de repérer l'étoile Polaire. Elle brille sagement, presque immobile au-dessus du pôle Nord, pendant que toutes les autres étoiles tournent autour d'elle au fil de la nuit.
Mais saviez-vous que cette étoile n'a pas toujours indiqué le nord ?
Pour comprendre, il faut savoir que l'axe de rotation de la Terre n'est pas fixe : il oscille lentement, comme une toupie en fin de course. Ce mouvement, appelé précession des équinoxes, décrit un cercle complet en environ 26 000 ans. Conséquence : le point du ciel vers lequel pointe l'axe terrestre se déplace au fil des millénaires, et avec lui, l'étoile qui a l'honneur d'indiquer le nord.
Il y a 5 000 ans, quand les Égyptiens bâtissaient leurs pyramides, c'est l'étoile Thuban, dans la constellation du Dragon, qui jouait le rôle de Polaire. Certains couloirs de la Grande Pyramide de Gizeh seraient d'ailleurs alignés sur cette étoile plutôt que sur « notre » Polaire actuelle. Les Grecs de l'Antiquité, eux, n'avaient pas vraiment d'étoile polaire fiable : ils se repéraient grâce à la constellation de la Petite Ourse dans son ensemble, qu'ils nommaient Kynosoura – la queue du chien.
Et dans le futur ? Dans environ 8 000 ans, c'est Deneb, la brillante étoile du Cygne, qui se retrouvera au plus près du pôle Nord céleste. Elle sera certes moins précise que notre Polaire actuelle (qui se trouve à moins d'un degré du pôle, un luxe !), mais elle aura l'avantage d'être bien plus lumineuse. Puis, vers l'an 14 000, ce sera au tour de Véga, l'une des étoiles les plus brillantes du ciel, de prendre le relais. Avant que le cycle ne se boucle et que Polaris ne retrouve son trône, 26 000 ans après l'avoir quitté.
En attendant ces lointaines échéances, comment repérer notre Polaire ? La méthode est simple : utilisez la Grande Ourse. Prenez les deux étoiles du bord extérieur du « chariot » (Dubhe et Merak), prolongez la ligne qu'elles forment d'environ cinq fois leur écartement vers le haut, et vous tomberez presque exactement sur l'étoile Polaire, nichée au bout de la queue de la Petite Ourse. Le truc fonctionne en toute saison.
Reste une question : qu'en est-il de l'hémisphère sud ? Eh bien… les habitants du sud n'ont pas cette chance. L'étoile la plus proche du pôle Sud céleste s'appelle Sigma Octantis, mais elle est si faible (à peine visible à l'œil nu, et encore, par nuit parfaite) qu'elle n'a jamais rendu service à personne. Les navigateurs australs utilisent donc une autre astuce : la constellation de la Croix du Sud. En prolongeant son grand axe d'environ quatre fois et demie sa longueur, on obtient une approximation raisonnable du pôle Sud céleste. Moins pratique qu'une étoile bien brillante pile au bon endroit, mais quand on n'a pas de Polaire, on fait avec ce qu'on a.
Moralité : si jamais vous vous perdez une nuit étoilée, rappelez-vous que le nord est là-haut, indiqué par une étoile de passage. Une étoile qui, à l'échelle du cosmos, ne fait que garder la place au chaud pour la suivante.
La volée de flèches au cinéma
Omnilogismes du jour par le 14/02/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Vous connaissez la scène. Le commandant lève son épée, crie « Archers… armez ! » Mille arcs se bandent à l'unisson. Silence dramatique. « Tirez ! » Et soudain, le ciel s'assombrit sous une nuée de flèches parfaitement synchronisées. C'est beau, c'est épique, c'est dans tous les films de bataille médiévale…
Et c'est uniquement dans les films, parce que ça n'a pas existé dans la réalité.
Les historiens militaires ont épluché les sources antiques et médiévales à la recherche de la moindre trace de tir en salve coordonné. Résultat : rien. Nada. Aucun texte d'époque ne décrit jamais d'archers tirant sur commande synchronisée.
Mais alors, d'où vient cette image si répandue ? D'un anachronisme pur et simple. Le tir en salve a été inventé pour les mousquets, ces armes qui mettaient trente secondes à recharger. Pendant qu'une rangée tirait, l'autre rechargeait. Logique imparable. Sauf que les cinéastes ont plaqué cette tactique du XVIIIe siècle sur le Moyen Âge, en supposant que tout combat à distance fonctionnait pareil.
Le problème, c'est qu'un arc de guerre n'a rien à voir avec un mousquet. Un archer entraîné pouvait décocher six à douze flèches par minute — il n'y avait donc aucun « temps mort » à combler. Mieux encore : les arcs de guerre anglais nécessitaient une force de traction de 45 à 75 kilogrammes, soit plus du double d'un arc de chasse moderne. Essayez de maintenir une telle tension à bout de bras pendant que votre commandant fait durer le suspense…
Le chroniqueur Jean Froissart, qui décrivit la bataille de Crécy en 1346, raconte que les archers anglais décochèrent leurs flèches si dru et si serré qu'il semblait neige
. Cette comparaison a induit beaucoup de monde en erreur : il ne parle pas de synchronisation, mais de densité et de continuité. Les flèches tombaient comme des flocons dans une tempête — constantes, imprévisibles, incessantes.
À Azincourt en 1415, les chroniqueurs français décrivent les soldats rentrant le menton pour protéger la visière de leur casque
. Cela indique des tirs tendus, à trajectoire plate, pas des volées en cloche tombant du ciel comme au cinéma.
Et l'aspect tactique, dans tout ça ? Contrairement à ce que suggère Hollywood, le tir continu était bien plus efficace que des salves synchronisées. D'abord pour une raison psychologique : l'ennemi n'avait jamais de répit. Pas de pause entre les décharges, pas de moment pour reprendre son souffle ou son courage. Les chroniques décrivent des soldats « épuisés par les blessures » (fessus vulneribus en latin), progressivement usés plutôt que fauchés d'un coup.
Car voici l'autre mythe que les films entretiennent : les flèches n'étaient pas si meurtrières contre des troupes bien armées. Des expériences d'archéologie expérimentale menées par Tod's Workshop avec des arcs de 70 kg et des armures authentiques du XIVe siècle ont montré que les flèches se brisaient net contre une cuirasse correctement forgée, sans la transpercer. Les chevaliers français sont bel et bien arrivés au contact des lignes anglaises à Azincourt — simplement, ils étaient épuisés d'avoir traversé la boue sous une pluie de projectiles, enfermés dans leurs armures pesantes.
Quant au « ciel qui s'assombrit »… faisons le calcul. À Azincourt, environ 5 000 archers tiraient peut-être 6 flèches par minute, soit 30 000 flèches. Mais une flèche ne reste en l'air que 3 à 4 secondes. À tout instant, il y avait donc 1 500 à 2 000 flèches dans le ciel — réparties sur un vaste champ de bataille. Impressionnant, certes, mais on est loin d'obscurcir le soleil. La comparaison de Froissart avec la neige relève probablement de la métaphore poétique.
Les différentes traditions d'archerie à travers le monde confirment cette absence de tir synchronisé. Les archers mongols à cheval pratiquaient une rotation par vagues, chargeant puis se repliant pour maintenir une pression continue. Les archers anglais, organisés en groupes de vingt sous un vintenar, plantaient leurs flèches dans le sol devant eux pour les saisir plus vite. L'objectif était toujours le même : créer une « tempête » ou une « pluie » de flèches ininterrompue.
Un dernier détail concernant ces films médiévaux : le commandement « Feu ! » est lui-même anachronique. Ce terme vient des armes à poudre. Pour un arc, on disait « décochez » ou « tirez ». Dans Le Seigneur des Anneaux, l'archer âgé qui tire prématurément au Gouffre de Helm est ironiquement le personnage le plus réaliste de la scène : maintenir un arc de guerre bandé pendant la longue pause dramatique qu'impose Aragorn relève de la fantasy pure.
Alors pourquoi cette erreur persiste-t-elle ? Parce que le « Attendez… attendez… TIREZ ! » crée une tension dramatique irrésistible. Parce que les réalisateurs se sont inspirés des reconstitutions de batailles napoléoniennes. Et parce que, soyons honnêtes, voir mille flèches partir en même temps, c'est quand même sympa.
La banane qui brunit
Omnilogismes du jour par le 12/02/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Vous partez randonner, plein d'entrain, avec une belle banane jaune glissée dans votre sac à dos. Quelques heures plus tard, au moment du casse-croûte, vous découvrez une chose molle et brunâtre qui ressemble davantage à une compote qu'à un fruit. Que s'est-il passé ?
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce n'est pas le frottement en lui-même qui est en cause, mais bien les chocs répétés. À chaque pas, votre sac ballotte, et la banane se cogne contre votre gourde, votre sandwich, vos clés… Ces impacts, même légers, endommagent les cellules du fruit.
Or, quand une cellule de banane est abîmée, elle libère une enzyme appelée polyphénol oxydase. Cette enzyme, au contact de l'oxygène, déclenche une réaction chimique qui transforme certains composés du fruit en pigments bruns. C'est le même phénomène qui fait brunir une pomme coupée.
Mais voilà le point important : ce brunissement enzymatique n'est pas qu'esthétique. Les cellules écrasées libèrent aussi de l'éthylène, le gaz naturel du mûrissement (souvenez-vous, on en parlait ici). Une banane malmenée en produit davantage qu'une banane au repos. Ajoutez à cela la chaleur de votre sac coincé contre votre dos en plein effort, et vous avez une belle chambre de maturation accélérée.
Résultat : votre banane est bel et bien plus mûre : plus molle, plus sucrée… et pas seulement plus brune. Les deux phénomènes se combinent : le brunissement des zones abîmées et une maturation globale accélérée.
Petite astuce pour les randonneurs : transportez vos bananes dans une boîte rigide perforée ou un étui à banane (oui, ça existe !). Vous éviterez les chocs tout en laissant l'éthylène s'échapper. Autre option : mangez la banane en premier, avant qu'elle ne subisse trop d'épreuves !
La crème solaire des hippopotames
Omnilogismes du jour par le 10/02/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Vous êtes-vous déjà retrouvé face à un hippopotame ?
Honnêtement, j'espère que non, il s'agit d'un des animaux les plus dangereux pour l'homme. Mais si cela avait été le cas, en plus d'avoir eu la frayeur de votre vie, vous aurez peut être pu voir un liquide rouge vif dégouliner sur sa peau. Une blessure ? Non. Du sang ? Toujours pas ! Ce que vous avez observé, c'est ce qu'on appelle communément la sueur de sang de l'hippopotame.
Pendant des siècles, les observateurs ont cru que ces imposants mammifères transpiraient littéralement du sang. Les anciens Égyptiens étaient même convaincus que les hippopotames, lorsqu'ils se sentaient trop lourds ou malades, s'entaillaient volontairement sur les roseaux du Nil pour se faire une petite saignée. Cette croyance aurait d'ailleurs inspiré les médecins de l'époque à pratiquer… la saignée sur leurs patients humains ! Une technique qui a perduré jusqu'au XIXe siècle, rappelez-vous de vos Molière qui en parle beaucoup.
En réalité, cette sécrétion n'est ni du sang, ni même de la sueur au sens strict. Il s'agit d'un mucus huileux produit par des glandes situées sous la peau de l'animal. Incolore à l'origine, il vire au rouge orangé en quelques minutes au contact de l'air.
En 2004, une équipe de chercheurs japonais dirigée par Yoko Saikawa a percé le mystère. En tamponnant délicatement le visage et le dos d'hippopotames avec des compresses (un travail qui demande un certain courage !), ils ont isolé deux pigments : l'acide hipposudorique (rouge) et l'acide norhipposudorique (orange).
Et ces pigments sont remarquables : ils absorbent les rayons ultraviolets sur une large bande, offrant à l'hippopotame une crème solaire naturelle particulièrement efficace. Plutôt pratique quand on passe sa vie sous le soleil africain avec une peau quasi dépourvue de poils(1) !
Mais ce n'est pas tout : cette sécrétion possède également des propriétés antibiotiques, inhibant la croissance de bactéries pathogènes. Un avantage non négligeable pour des animaux qui passent leur temps à se battre, à se blesser entre eux et à mariner dans leurs déjections.
L'hippopotame fabrique donc son propre écran solaire antibactérien. Malheureusement pour nous, les pigments isolés s'avèrent très instables en laboratoire, ce qui rend difficile leur exploitation pour créer une crème solaire humaine. Dommage : on aurait pu troquer notre tube contre un peu de sueur d'hippopotame !
- (1)↑ Les poils dans l'eau, ce n'est pas pratique. Surtout dans la boue.
Le blé de Venise
Omnilogismes du jour par le 08/02/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Venise, la Sérénissime, a dominé le commerce méditerranéen pendant des siècles. Pourtant, cette cité bâtie sur des îlots marécageux avait un problème de taille : impossible d'y faire pousser quoi que ce soit. Pas de champs de blé, pas de vergers, pas même un potager digne de ce nom. Alors comment nourrir une population qui atteignit 180 000 habitants à son apogée ?
La réponse tient en un mot : la Terraferma. Dès le XVe siècle, Venise conquit méthodiquement l'arrière-pays italien — Padoue, Vérone, Brescia — non pas pour la gloire, mais pour le grain. Ces terres agricoles fertiles devinrent le garde-manger de la République. Le blé arrivait aussi de plus loin : la Sicile, l'Égypte, et surtout la mer Noire, d'où partaient d'immenses cargaisons de céréales.
Mais pourquoi ses ennemis n'ont-ils jamais tenté de l'affamer ? Ils ont essayé, figurez-vous. Sauf que Venise avait prévu le coup.
D'abord, la lagune elle-même constituait une forteresse naturelle. Impossible d'assiéger la ville par terre sans s'enliser dans les marécages. Les armées ennemies pouvaient bien camper sur le continent, les Vénitiens continuaient de recevoir leurs navires marchands par la mer.
Ensuite, la République avait créé les Provveditori alle Biave, des magistrats chargés exclusivement de l'approvisionnement en grain. Ils géraient d'immenses greniers publics capables de nourrir la ville pendant deux ans en cas de siège. Une paranoïa alimentaire élevée au rang de politique d'État.
Enfin, et c'est là le génie vénitien : ses ennemis terrestres (Milan, l'Empire) n'avaient pas de flotte capable de bloquer la mer, tandis que ses ennemis maritimes (Gênes, les Ottomans) ne pouvaient pas couper ses approvisionnements terrestres. Pour affamer Venise, il aurait fallu une coalition parfaitement coordonnée sur terre et sur mer — ce qui n'arriva jamais.
Contrôler les routes du blé, c'était tenir ses fournisseurs par la gorge. Et quand on est le banquier de l'Europe et le transporteur officiel du bassin méditerranéen, on ne vous laisse pas mourir de faim si facilement.
Métal et micro-ondes
Omnilogismes du jour par le 06/02/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

« Ne mets jamais de métal dans le micro-ondes ! »
On nous l'a tellement répété que c'est devenu un réflexe, une évidence. Pourtant, un petit enfant dans votre cuisine fera probablement la remarque : « mais les parois sont en métal ? ». Certains modèles ont même une grille métallique pour cuire sur deux étages. Et si… ce n'était pas vraiment le métal le problème ?
Pour comprendre, rappelons rapidement comment fonctionne un micro-ondes. L'appareil génère des ondes électromagnétiques qui font vibrer les molécules d'eau contenues dans les aliments, ce qui les chauffe. Simple et efficace. On l'a déjà vu ici.
Quand ces ondes rencontrent du métal, les électrons libres à sa surface se mettent à s'agiter. Sur une surface lisse et arrondie, pas de souci : les électrons se répartissent uniformément. Mais dès qu'il y a des pointes ou des aspérités — les dents d'une fourchette, du papier aluminium froissé, le bord fin d'une barquette — les charges s'accumulent et peuvent provoquer des arcs électriques. C'est l'effet de pointe.
Une cuillère dans votre tasse ? Généralement sans danger. Une fourchette dans votre assiette ? Festival d'étincelles garanti.
D'ailleurs, certains fabricants de micro-ondes recommandent explicitement de placer une cuillère métallique dans un liquide pour éviter le phénomène de « surébullition » — quand l'eau surchauffée explose soudainement en sortant du four. La cuillère sert alors de « point de nucléation » pour les bulles.
Alors pourquoi nous martèle-t-on ce message simpliste ? Par prudence. Il est bien plus facile de retenir « pas de métal » que d'expliquer les subtilités de la géométrie et de la physique des ondes. Et comme la plupart des objets métalliques de cuisine ont des formes problématiques (couverts, papier alu…), le raccourci est finalement pragmatique.
Les exploits du pigeon
Omnilogismes du jour par le 04/02/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Vous les croisez tous les jours sur les places publiques, à picorer des miettes de sandwich ou à slalomer entre vos pieds. Les pigeons des villes ont mauvaise réputation : sales, envahissants, parfois qualifiés de « rats volants ». Pourtant, leurs ancêtres ont rendu des services inestimables à l'humanité, allant jusqu'à sauver des vies sur les champs de bataille.
Le pigeon voyageur n'est pas une espèce à part : c'est un pigeon biset domestique, sélectionné depuis des millénaires pour une capacité extraordinaire — retrouver son pigeonnier depuis n'importe où, parfois à plus de 1 000 kilomètres de distance.
Mais comment diable fait-il ? La question a longtemps fasciné les scientifiques, et la réponse est… qu'on ne sait pas exactement. Le pigeon semble utiliser un cocktail de sens : la position du soleil, le champ magnétique terrestre (grâce à des cristaux de magnétite dans son bec), les odeurs du paysage, et même les infrasons produits par les vagues de l'océan ou les montagnes. Un vrai Google Maps biologique !
Les Romains utilisaient déjà ces oiseaux pour transmettre les résultats des courses de chars. Mais c'est surtout pendant les guerres que le pigeon voyageur est devenu une star. Durant le siège de Paris en 1870, plus de 60 pigeons ont transporté des microphotographies contenant des milliers de messages — l'ancêtre du microfilm, en quelque sorte.
Le plus célèbre d'entre eux s'appelait Cher Ami. Ce pigeon américain, durant la Première Guerre mondiale, a sauvé près de 200 soldats du « Bataillon Perdu » en délivrant un message malgré une blessure par balle qui lui avait arraché une patte et crevé un œil. Il a reçu la Croix de guerre française et son corps empaillé est aujourd'hui exposé au Smithsonian.
Autre anecdote savoureuse : l'agence de presse Reuters a été fondée en partie grâce aux pigeons voyageurs. En 1850, Paul Julius Reuter utilisait 45 pigeons pour transmettre les cours de la Bourse entre Bruxelles et Aix-la-Chapelle, comblant un trou dans le réseau télégraphique. Plus rapide que le train ! Internet avant l'heure…
Aujourd'hui, les pigeons voyageurs sont surtout utilisés pour les compétitions de colombophilie, très populaires en Belgique et dans le nord de la France. Certains champions se vendent à prix d'or : en 2020, un pigeon belge nommé « New Kim » a été adjugé pour… 1,6 million d'euros.
Alors, la prochaine fois que vous croiserez un pigeon sur un banc public, regardez-le avec un peu plus de respect : son arrière-grand-père a peut-être sauvé des vies.
La vaisselle radioactive
Omnilogismes du jour par le 02/02/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Vous vous êtes probablement déjà demandé ce que votre grand-mère cachait dans son vaisselier. Peut-être y avez-vous repéré d'étranges assiettes d'un jaune-vert particulier, presque surnaturel ? Bonne nouvelle : vous êtes peut-être l'héritier d'une collection… radioactive.

L'ouraline — c'est son petit nom — est un verre dans lequel on a incorporé de l'uranium, généralement entre 0,1 et 2 % du poids total. Certaines pièces du XIXe siècle en contiennent jusqu'à 25 % ! Ce matériau existe depuis l'Antiquité : une mosaïque romaine découverte près de Naples, datant de 79 avant J.-C., contenait déjà des morceaux de verre jaune enrichis à l'uranium.
Mais c'est au XIXe siècle que la mode explose. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'uranium était alors le colorant vert le moins cher du marché. Les verriers de Bohême s'en donnent à cœur joie : assiettes, verres à absinthe, vases, statuettes… Tout y passe. Le verre ainsi produit arbore une teinte allant du jaune citron au vert profond, d'où ses surnoms de « canary glass » ou « vaseline glass » (en référence à la couleur jaunâtre de la vaseline de l'époque).
La cerise sur le gâteau radioactif ? Sous une lumière ultraviolette, l'ouraline brille d'un magnifique vert fluorescent. Cette propriété, due à la composition chimique de l'uranium et non à sa radioactivité, fascinait les acheteurs qui y voyaient une « aura quasi surnaturelle ».

Aux États-Unis, la vaisselle Fiestaware rouge-orangé, produite à partir de 1936, connut un succès phénoménal. Son secret : une glaçure riche en sels d'uranium. La production ne s'arrêta qu'avec la Seconde Guerre mondiale, quand le gouvernement réquisitionna tous les stocks d'uranium pour… d'autres projets.
Faut-il s'inquiéter d'avoir ces objets chez soi ? Selon la Nuclear Regulatory Commission américaine, les taux de radiation restent inférieurs à la radioactivité naturelle ambiante dans la plupart des situations. On déconseille toutefois d'y manger quotidiennement, surtout des aliments acides ou chauds qui favorisent la lixiviation de l'uranium.

Aujourd'hui, ces pièces sont devenues des objets de collection prisés. Les physiciens médicaux les utilisent même pour calibrer leurs instruments de détection ! Comme le résume l'un d'eux : Si les gens veulent collectionner du verre à l'uranium, c'est très bien. C'est plutôt les produits au radium qu'on préférerait ne pas les voir collectionner.
Le verre qui ne casse pas au four
Omnilogismes du jour par le 31/01/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Vous avez probablement un plat Pyrex dans votre cuisine. Peut-être même l'utilisez-vous régulièrement pour vos gratins ou vos tartes. Mais savez-vous que cette invention révolutionnaire est née… d'un gâteau de Savoie ?
En 1913, Bessie Littleton, épouse d'un physicien travaillant chez Corning Glass Works aux États-Unis, en a assez de voir ses plats en céramique se fissurer au four. Elle demande alors à son mari de lui rapporter un fond de cuve de laboratoire en verre borosilicate, un matériau alors utilisé pour les lanternes de chemin de fer. Elle y cuit son gâteau… et miracle, le verre survit parfaitement à l'épreuve du four !
Ce verre borosilicate avait été inventé quelques années plus tôt, en 1893, par le chimiste allemand Otto Schott. Son secret ? L'ajout d'oxyde de bore dans la composition du verre. Cette particularité chimique permet aux atomes de rester à égale distance les uns des autres lorsque le verre chauffe, lui conférant un très faible cœfficient de dilatation. Résultat : le verre peut passer du congélateur au four sans exploser, là où un verre classique se briserait instantanément.
Corning retire le plomb du verre de laboratoire, adapte la formule, et lance en 1915 une gamme de plats pour le grand public. Le nom ? Pyrex, contraction de Pie plate (moule à tarte en anglais) et du suffixe -ex pour rimer avec Nonex, le nom du verre de laboratoire d'origine.
Mais voici le twist que peu de gens connaissent : depuis les années 1980, le Pyrex américain n'est plus fabriqué en verre borosilicate ! Corning a basculé vers un verre sodo-calcique trempé, moins cher mais nettement moins résistant aux chocs thermiques. En Europe, en revanche, le Pyrex est toujours en borosilicate. Certains affirment même qu'on peut distinguer l'origine du produit par son logo : pyrex en minuscules pour la version américaine, PYREX en majuscules pour l'européenne — même si cette règle n'est pas absolue.
Morale de l'histoire : si vous tenez à sortir votre plat du four pour le poser directement sur un plan de travail froid, vérifiez d'abord sa provenance. Votre gratin vous remerciera.
S'évader d'Allemagne de l'Est en montgolfière artisanale
Omnilogismes du jour par le 29/01/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Nous sommes en 1979. L'Allemagne est coupée en deux depuis plus de trente ans. À l'Est, le régime communiste surveille ses citoyens de près, et la frontière avec l'Ouest est l'une des plus militarisées au monde : miradors, mines antipersonnel, soldats armés avec ordre de tirer à vue sur quiconque tenterait de fuir. Bref, pas le genre d'endroit où l'on organise des randonnées.
Et pourtant, deux familles vont réaliser l'une des évasions les plus spectaculaires de la Guerre froide : traverser le rideau de fer… en montgolfière artisanale.
Peter Strelzyk, électricien et ancien mécanicien de l'armée de l'air est-allemande, et Günter Wetzel, maçon de formation, travaillent ensemble dans une usine de plastique locale. Amis depuis quatre ans, ils partagent un rêve commun : quitter la RDA avec leurs familles.
Leur première idée ? Construire un hélicoptère. Problème : impossible de se procurer un moteur suffisamment puissant en Allemagne de l'Est sans attirer l'attention de la Stasi (la redoutable police secrète). Mais l'inspiration leur vient d'une émission de télévision sur les montgolfières : et si ils fuyaient… avec un ballon à air chaud ?
Les calculs commencent. Avec huit passagers (les deux couples et leurs quatre enfants, âgés de 2 à 15 ans) plus l'équipement, il faut soulever environ 750 kg. Résultat : il leur faut un ballon capable de contenir 2 000 mètres cubes d'air chauffé à 100 ℃. Ce qui représente… 800 mètres carrés de tissu.
Mais dans une ville où tout le monde se connaît, dans un pays contrôlé par la Stasi, acheter 800 mètres carrés de tissu sans éveiller les soupçons relève de l'exploit. Les deux compères se rendent donc à Gera, à 50 km de chez eux, où ils achètent des rouleaux de coton en racontant au vendeur médusé qu'ils ont besoin de tout ce tissu pour… des tentes de camping.
Wetzel passe deux semaines à coudre le tout sur une machine à coudre manuelle vieille de quarante ans, pendant que Strelzyk fabrique la nacelle (une armature en fer avec un plancher en tôle et des cordes à linge en guise de rambardes — oui, vous avez bien lu) et le brûleur (deux bouteilles de propane domestique, des tuyaux de plomberie et un morceau de tuyau de poêle).
Premier test en avril 1978 : échec total. Le ballon refuse de se gonfler. Après des semaines de recherche, ils trouvent une falaise de 25 mètres pour suspendre le ballon verticalement. Nouvel échec. Ils bricolent alors un souffleur géant avec un moteur de moto démarré par le démarreur d'une Trabant alimenté par des câbles de batterie branchés sur la Moskvitch de Strelzyk. Le tout silencé par un pot d'échappement de Trabant. MacGyver peut aller se rhabiller.
Avec ce dispositif, ils découvrent enfin le problème : le coton est bien trop poreux. L'air s'échappe de partout. Retour à la case départ. Le plan part en fumée (littéralement : Strelzyk brûle le tissu dans sa chaudière pendant plusieurs semaines pour faire disparaître les preuves).
Les deux hommes se lancent alors dans une série de tests dignes d'un laboratoire de recherche. Ils utilisent un aspirateur et un tube en verre rempli d'eau pour mesurer la porosité de différents tissus. Ils testent la résistance à la chaleur dans un four. Le tissu de parapluie gagne haut la main… mais coûte trop cher. Ils optent pour un taffetas synthétique.
Direction Leipzig, à 160 km de chez eux, pour acheter 800 mètres de tissu. Nouvelle excuse : ils font partie d'un club de voile et ont besoin de faire des voiles. Le tissu doit être commandé. Malgré leurs craintes, leur commande n'a heureusement pas été signalée à la Stasi. Au passage, ils achètent un moteur électrique pour motoriser la machine à coudre.
Nouveau ballon cousu, nouveaux tests. Cette fois, le ballon se gonfle ! Mais le brûleur n'est pas assez puissant pour créer la portance nécessaire. Après des mois d'essais infructueux, Wetzel abandonne et commence à réfléchir à la construction d'un planeur. Strelzyk, lui, persiste.
En juin 1979, il découvre qu'en retournant les bouteilles de propane, la pression supplémentaire produit une flamme de 12 mètres de long. C'est parti.
Le 3 juillet 1979, les conditions météo sont favorables. La famille Strelzyk au complet (sans les Wetzel qui ont abandonné le projet) décolle à 1h30 du matin d'une clairière en forêt. Le ballon monte à 4 mètres par seconde, atteint 2 000 mètres d'altitude. La frontière n'est qu'à quelques kilomètres…
Et puis c'est le drame. Le ballon entre dans les nuages, la vapeur d'eau se condense sur le tissu, l'alourdit, et provoque une descente prématurée. La famille atterrit à 180 mètres de la frontière, en pleine zone minée. Comment savoir de quel côté ils se trouvent ? Strelzyk explore prudemment et trouve un sac de boulangerie venant de Wernigerode, une ville… est-allemande.
Pendant neuf heures, la famille rampe hors de la zone frontalière de 500 mètres de large, traverse à pied les 5 km de zone interdite, puis marche encore 14 km pour retrouver leur voiture. Ils arrivent juste à temps pour appeler leur travail et leur école pour signaler qu'ils sont malades. Ouf.
Le ballon abandonné est découvert le matin même. La Stasi lance un appel national pour retrouver les « auteurs d'un délit grave », en décrivant dans le détail tout le matériel retrouvé sur place. Strelzyk détruit toutes les preuves et vend sa voiture. Mais il sait que ce n'est qu'une question de temps avant que la police secrète ne remonte jusqu'à lui.
Il recontacte Wetzel. Verdict : il faut construire un nouveau ballon, deux fois plus grand, et partir le plus vite possible.
En six semaines, les deux familles construisent un monstre de 4 000 mètres cubes, 20 mètres de diamètre et 25 mètres de haut. Pour acheter les 1 250 mètres carrés de taffetas nécessaires sans attirer l'attention, ils écument les magasins de tout le pays, achetant des tissus de couleurs et de motifs variés. Wetzel utilise plus de 6 kilomètres de fil pour coudre l'ensemble.
Le 15 septembre 1979, un violent orage crée les conditions de vent idéales. À 1h30 du matin, les huit membres des deux familles arrivent sur le site de lancement avec une Wartburg et un vélomoteur. En dix minutes, le ballon est gonflé. Trois minutes de plus pour chauffer l'air.
Décollage juste après 2 heures du matin. Mais au moment de couper les amarres, quelqu'un libère son côté avant l'autre. Le ballon s'incline, la flamme touche le tissu. Le ballon prend feu.
Heureusement, ils ont prévu un extincteur. Le feu est maîtrisé, et le ballon monte à 2 000 mètres en neuf minutes, dérivant vers l'Ouest à 30 km/h. La température chute à -8 ℃ dans la nacelle ouverte aux quatre vents (rappelons que les « murs » sont des cordes à linge).
Mais un défaut de conception fait que la flamme monte trop haut dans le ballon, créant une surpression qui déchire le tissu. L'air s'échappe, le brûleur s'éteint. Wetzel le rallume avec une allumette. Puis une autre. Et encore une autre.
Un veilleur de nuit est-allemand signale un OVNI se dirigeant vers la frontière. Les gardes-frontières allument leurs projecteurs, mais le ballon est trop haut. Les contrôleurs aériens ouest-allemands détectent quelque chose sur leurs radars, mais ne peuvent pas identifier l'objet.
Vingt-huit minutes après le décollage, le propane est épuisé. Le ballon descend en chute libre et atterrit près de la ville de Naila, en Bavière. En Allemagne de l'Ouest, à 10 km de la frontière !
Comment savent-ils qu'ils sont à l'Ouest ? Les lumières des fermes sont rouges et jaunes (pas courantes à l'Est), les fermes sont petites (et non les immenses exploitations collectives de RDA), le matériel agricole est moderne. Et surtout, la voiture de police qui arrive est une Audi. Définitivement pas un véhicule est-allemand.
Les conséquences sont immédiates. L'Allemagne de l'Est ferme tous les petits aérodromes proches de la frontière, rend obligatoire l'enregistrement des bouteilles de propane, et interdit la vente de grandes quantités de tissu. Le frère de Peter Strelzyk est arrêté trois heures après l'atterrissage (simplement pour avoir regardé les informations ouest-allemandes qui relataient l'évasion) et condamné à 2 ans et demi de prison pour « complicité ». Une pratique courante du pouvoir communiste, pour éviter que d'autres personnes ne se prennent à rêver du confort capitaliste…
Les familles Strelzyk et Wetzel s'installent d'abord à Naila, là où elles ont atterri. Après la réunification allemande en 1990, les Strelzyk retournent dans leur ville natale de Pößneck. Le ballon, lui, est aujourd'hui exposé au Musée d'Histoire de Bavière à Ratisbonne.
Cette histoire a inspiré deux films : Night Crossing produit par Disney en 1982, et Ballon réalisé par Michæl Herbig en 2018. Peter Strelzyk est décédé en 2017 à l'âge de 74 ans. Günter Wetzel, lui, maintient un site web racontant leur aventure, et donne régulièrement des conférences sur cette nuit de septembre 1979 où deux familles ordinaires ont réalisé l'extraordinaire.
Pourquoi les mouches se frottent-elles les pattes ?
Omnilogismes du jour par le 27/01/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Vous l'avez certainement déjà observé : une mouche se pose sur votre table, et avant même de s'intéresser aux miettes de votre repas, la voilà qui se frotte frénétiquement les pattes comme un petit malfrat qui prépare un mauvais coup. Mais que fait-elle exactement ?
Contrairement aux apparences, notre diptère ne complote pas contre vous : elle fait sa toilette.
Les pattes des mouches sont de véritables bijoux de technologie biologique. Elles sont recouvertes de minuscules poils sensoriels appelés soies, mais surtout de petits coussinets adhésifs nommés pulvilles. Ces derniers sécrètent une substance légèrement collante qui permet à la mouche de défier la gravité et de se promener tranquillement au plafond de votre cuisine.
Mais cette colle naturelle attrape tout ce qui traîne : poussière, débris, bactéries… Si les pulvilles s'encrassent, la mouche perd son super-pouvoir d'escalade et risque de tomber. En plus, les mouches goûtent avec leurs pattes ! Leurs tarses (l'équivalent de nos pieds) sont équipés de récepteurs qui leur permettent de détecter si une surface est comestible avant même d'y poser leur trompe. Des pattes sales signifient donc un « palais » émoussé, incapable de distinguer votre super steak d'une vulgaire table en plastique.
Enfin, ce toilettage concerne aussi les ailes et la tête. Une mouche aux yeux encrassés vole moins bien et repère moins facilement les dangers — comme votre tapette qui s'approche (trop lentement).
En résumé : quand une mouche se frotte les pattes, elle ne prépare pas un mauvais coup. Elle s'assure simplement de pouvoir continuer à marcher au plafond, à goûter votre nourriture et à vous échapper. Ce qui… est probablement pire.
Le papier sulfurisé et les bretzels
Omnilogismes du jour par le 19/01/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Vous avez décidé de vous lancer dans la confection de bretzels maison ? Excellente idée ! Vous sortez votre papier sulfurisé habituel, celui qui vous sert pour les cookies et les tartes… Erreur fatale.
Le bretzel, cette merveille torsadée venue d'Alsace et d'Allemagne, cache un secret de fabrication peu connu : avant d'être enfourné, il prend un bain. Pas n'importe quel bain : un plongeon dans une solution de lessive de soude (hydroxyde de sodium), ou pour les versions plus douces, de bicarbonate de soude. C'est cette étape, appelée pochage, qui donne au bretzel sa croûte brillante, sa couleur brun-doré caractéristique et son goût si particulier grâce à une réaction de Maillard accélérée.
Le problème ? Le papier sulfurisé est recouvert d'un revêtement silicone qui le rend antiadhésif. Or, ce revêtement ne fait pas bon ménage avec les solutions alcalines. Au contact de la lessive de soude (dont le pH avoisine les 13-14), le silicone se dégrade. Résultat : vos bretzels collent irrémédiablement au papier, vous vous retrouvez avec des morceaux de revêtement incrustés dans votre pâte, et le tout finit généralement à la poubelle dans un concert de jurons alsaciens.
Les boulangers traditionnels utilisent des plaques de cuisson en métal légèrement graissées, ou des tapis de cuisson en silicone épais spécialement conçus pour résister aux environnements alcalins. Certains saupoudrent même leurs plaques de gros sel, qui sert à la fois d'antiadhésif et d'assaisonnement.
Morale de l'histoire : le papier sulfurisé est votre ami pour 99 % de vos pâtisseries, mais pour les bretzels, laissez-le au placard. Votre four (et vos papilles) vous remercieront.
Pain dur, biscuit mou
Omnilogismes du jour par le 17/01/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Vous avez probablement remarqué ce curieux phénomène : laissez une baguette à l'air libre, et elle deviendra dure comme du bois. Laissez un biscuit dans les mêmes conditions, et il ramollira jusqu'à devenir tout mou. Pourtant, les deux sont faits à base de farine ! Que se passe-t-il ?
La réponse tient en un mot : l'humidité.
Le pain frais contient environ 40 % d'eau, tandis qu'un biscuit sec n'en contient que 2 à 5%. Or, l'air ambiant possède généralement un taux d'humidité compris entre 40 et 60%. Chaque aliment va donc naturellement tendre vers un équilibre avec son environnement.
Le pain, plus humide que l'air, va perdre son eau : l'amidon qu'il contient se recristallise progressivement (un phénomène appelé rétrogradation), rendant la mie rigide et la croûte cassante. C'est le fameux pain rassis.
À l'inverse, le biscuit, bien plus sec que l'air ambiant, va absorber l'humidité environnante. L'eau captée ramollit sa structure, lui faisant perdre ce croustillant si agréable sous la dent.
C'est d'ailleurs pour cette raison que les fabricants de biscuits utilisent des emballages hermétiques : ils protègent le produit de l'humidité ambiante. Et c'est aussi pourquoi mettre un morceau de pain dans une boîte de biscuits est une mauvaise idée : le pain va céder son eau aux biscuits, accélérant le ramollissement de ces derniers tout en devenant lui-même encore plus dur !
Une astuce de grand-mère exploite ce principe : placer un morceau de pain dans un sachet de cassonade durcie permet de la ramollir. Le sucre, hygroscopique, absorbe l'eau libérée par le pain qui retrouve sa texture d'origine.
La fièvre, cette amie qui nous veut du bien
Omnilogismes du jour par le 15/01/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Vous avez 38,5 ℃ et vous vous précipitez sur le paracétamol ? Attendez une seconde avant d'avaler ce comprimé…
Car la fièvre n'est pas la maladie. C'est plutôt une arme de défense de votre corps contre les virus et bactéries. Et une arme plutôt efficace, puisqu'elle existe depuis au moins 600 millions d'années : on la retrouve chez les mammifères, les oiseaux, les reptiles, les poissons, et même certains invertébrés.
Le principe est simple : la plupart des bactéries et virus se reproduisent de façon optimale à la température normale du corps. En augmentant le thermostat de quelques degrés, l'organisme crée un environnement hostile où les pathogènes peinent à se multiplier. Parallèlement, cette chaleur accélère la production de globules blancs et stimule l'ensemble du système immunitaire.
Les lézards, animaux à sang froid, ne peuvent pas générer leur propre fièvre. Qu'à cela ne tienne : lorsqu'ils sont infectés, ils vont instinctivement se chauffer au soleil pour augmenter leur température corporelle. Des expériences ont montré que les lézards malades privés de cette possibilité meurent bien plus souvent que ceux qui peuvent « se donner de la fièvre » artificiellement.
Chez l'humain, plusieurs études suggèrent que faire baisser systématiquement une fièvre modérée pourrait prolonger certaines infections. Une fièvre de 38 à 39 ℃, bien que désagréable, fait généralement partie du processus normal de guérison.
Bien sûr, au-delà de 40 ℃, la fièvre devient dangereuse et doit être traitée. Mais la prochaine fois que vous grelotterez sous votre couette avec 38 ℃, dites-vous que votre corps sait ce qu'il fait : il met le chauffage pour faire fuir les intrus.
Le garde des sceaux
Omnilogismes du jour par le 13/01/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

L'expression remonte à l'Ancien Régime.
Le sceau était l'instrument qui servait à authentifier les actes royaux en y apposant une empreinte dans la cire. C'était le symbole même de l'autorité souveraine.
Le chancelier de France, plus haut dignitaire du royaume après le roi, avait la charge de conserver ces sceaux et de les apposer sur les documents officiels (édits, ordonnances, lettres patentes). Quand le chancelier était disgracié ou empêché, on confiait temporairement les sceaux à un autre personnage qu'on appelait justement le « garde des sceaux ».
À la Révolution, la fonction de chancelier est supprimée, mais celle de garde des sceaux est maintenue et fusionnée avec le nouveau ministère de la Justice créé en 1790. Le ministre de la Justice hérite donc de cette mission ancestrale : il conserve toujours aujourd'hui les sceaux de la République (le sceau actuel représente la Liberté) et les appose sur certains actes solennels, notamment les textes constitutionnels.
C'est pourquoi le titre officiel complet est « ministre de la Justice, garde des sceaux » : une survivance symbolique qui relie la fonction moderne à des siècles de tradition institutionnelle française.
La loi de Cunningham
Omnilogismes du jour par le 11/01/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Vous cherchez désespérément une information sur Internet ? Vous avez posé votre question sur un forum, mais personne ne vous répond depuis trois jours ? La science a une solution radicale : arrêtez de demander poliment, et affirmez n'importe quoi avec aplomb !
Bienvenue dans la loi de Cunningham, du nom de Ward Cunningham, le programmeur qui a créé le premier wiki : « Le meilleur moyen d'obtenir la bonne réponse sur Internet n'est pas de poser une question, mais de poster la mauvaise réponse ».
Le principe est d'une efficacité redoutable.
Postez « Les tomates sont des légumes » sur un forum de jardinage, et dans les cinq minutes dix passionnés expliqueront avec force détails botaniques qu'il s'agit d'un fruit. Demandez poliment « Quelqu'un sait-il si les tomates sont des fruits ou des légumes ? », et vous attendrez peut-être des heures.
Ça marche, parce que les humains adorent corriger les autres. Il est plus gratifiant de prouver que quelqu'un a tort que de simplement partager son savoir. On ne résiste pas au plaisir de démontrer notre supériorité intellectuelle, surtout quand l'erreur est flagrante.
Cette loi fonctionne même dans la vraie vie : affirmez avec assurance que Paris est la capitale de la Belgique devant un groupe, et quelqu'un vous corrigera immédiatement. En revanche, demandez quelle est la capitale de la Belgique, et les gens regarderont leurs chaussures en marmonnant.
Attention toutefois : cette technique peut sérieusement nuire à votre réputation en ligne. À utiliser avec modération… ou sous pseudonyme !
Le plus drôle ? C'est Steven McGeady qui a formulé cette loi. Ward Cunningham lui-même nie être l'auteur de cette loi ! Dans une vidéo YouTube, il déclare : « Je n'ai jamais suggéré de poser des questions en postant de mauvaises réponses. C'est une citation erronée qui se réfute elle-même en se propageant sur Internet sous le nom de loi de Cunningham ».
Ironique, non ?
Un marshmallow, deux marshmallows
Omnilogismes du jour par le 03/01/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Stanford, années 1960. Un chercheur fait entrer un enfant de quatre ans dans une pièce et pose devant lui un marshmallow. « Tu peux manger ce marshmallow tout de suite, ou attendre que je revienne dans quinze minutes, et tu en auras deux. »
Le chercheur sort ensuite, laissant l'enfant seul face à la tentation.
Certains enfants mangent le marshmallow dès que la porte se ferme. D'autres se tortillent sur leur chaise, se cachent les yeux, chantent pour se distraire, ou regardent partout sauf le marshmallow. Seul un tiers des enfants parviennent à tenir les quinze minutes pour obtenir le doublement de leur récompense.
Des années plus tard, Walter Mischel, le psychologue à l'origine de l'expérience, recontacte ces enfants devenus adolescents, puis adultes. Surprise : ceux qui avaient réussi à attendre semblaient mieux réussir dans la vie. Ils avaient de meilleurs résultats scolaires, géraient mieux le stress, avaient moins de problèmes de comportement. Adultes, ils étaient plus susceptibles d'atteindre leurs objectifs à long terme, de poursuivre des études plus longues, étaient moins enclins à consommer des drogues dures et présentaient un indice de masse corporelle plus bas.
Le test du marshmallow est devenu une légende de la psychologie, présenté comme la preuve que la capacité à différer la gratification dans l'enfance prédit le succès futur. Des milliers d'articles et de livres de parentalité en ont découlé.
Sauf que… l'histoire est plus compliquée. Des études récentes, menées sur des échantillons plus larges et plus diversifiés, ont nuancé ces résultats. Il s'avère que la capacité à attendre dépend aussi énormément du contexte socio-économique de l'enfant : un enfant qui a souvent connu les promesses non tenues (ou pire, la privation) aura plus de mal à faire confiance à un adulte lui promettant un deuxième marshmallow. Pour lui, manger tout de suite est rationnel : c'est le seul marshmallow garanti. Un tiens vaut littéralement mieux que deux tu l'auras.
Finalement, le test du marshmallow mesure peut-être moins la maîtrise de soi que la sécurité économique et la confiance dans les adultes…
Et finalement, sommes-nous meilleurs que ces enfants ? Même à l'époque des philosophes grecs, le sujet était important, au point d'avoir un mot dédié : l'acrasie ; la faiblesse de la volonté. Saint-Paul le résumait dans ses termes : « Ce que je veux, je ne le fais pas ; ce que je ne veux pas, je le fais. ».
La synesthésie
Omnilogismes du jour par le 01/01/2026 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Imaginez : chaque fois que vous entendez un violon, vous voyez du bleu. Ou alors, que le chiffre 5 est invariablement jaune. Que le prénom « Marie » ait un goût de fraise. Hé bien, pour environ 4 % de la population, ce n'est pas de l'imagination.
On appelle cela la synesthésie du grec syn (ensemble) et aisthesis (sensation). Le cerveau des synesthètes mélange les sens : une stimulation dans un canal sensoriel en déclenche automatiquement une autre, totalement involontaire et constante. Un peu comme l'effet McGurk, mais sur plusieurs canaux.
Il existe des dizaines de formes de synesthésie. La plus courante associe des couleurs aux lettres et aux chiffres : le A est rouge, le B est bleu, le 3 est vert. D'autres synesthètes goûtent les mots (le mot « table » peut avoir un goût de chocolat), voient des formes quand ils entendent de la musique, ou « ressentent » des textures en regardant des couleurs.
Ces associations ne sont pas apprises : elles sont câblées dans le cerveau pendant l'enfance et restent stables toute la vie. Un synesthète qui voit le chiffre 7 en orange le verra orange à cinq ans comme à cinquante ans. Certains découvrent d'ailleurs leur particularité très tard, en apprenant que tout le monde ne fonctionne pas ainsi.
Longtemps considérée comme une bizarrerie, voire une pathologie, la synesthésie est aujourd'hui considérée une variation neurologique normale, qui serait liée à des connexions supplémentaires entre les zones du cerveau responsables de différents sens.
Beaucoup de synesthètes considèrent cet effect comme un enrichissement : le monde est littéralement plus coloré, plus goûteux, plus texturé.
Certains artistes célèbres étaient synesthètes : Kandinsky voyait les couleurs en écoutant de la musique, et Duke Ellington associait des teintes à chaque note. Pour eux, peindre ou composer était littéralement une expérience multisensorielle.
Et vous, de quelle couleur est votre lundi ?
L'effet McGurk
Omnilogismes du jour par le 30/12/2025 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Fermez les yeux et demandez à quelqu'un de prononcer « ba ». Vous entendrez « ba ». Maintenant, rouvrez-les et regardez cette personne articuler « ga » tandis qu'elle dit « ba ». Magie : vous entendrez « da » ! Ou plus simplement, si vous n'avez personne sous la main, allez voir cette vidéo.
Bienvenue dans l'b{effet McGurk}, découvert en 1976 par le psychologue Harry McGurk. Cette illusion démontre que notre perception auditive n'est pas seulement affaire d'oreilles : notre cerveau combine ce qu'il voit avec ce qu'il entend pour créer une expérience cohérente.
Le phénomène est si puissant qu'il fonctionne même quand on sait qu'on est en train de se faire piéger. Vous pouvez regarder une vidéo de l'effet McGurk, connaître le truc, et votre cerveau continuera de vous mentir effrontément. C'est l'une des rares illusions dont on ne peut pas se « libérer » par la connaissance.
Dans la vie quotidienne, cet effet explique pourquoi il est plus difficile de comprendre quelqu'un au téléphone qu'en face à face : nous lisons inconsciemment sur les lèvres pour compléter ce que nos oreilles captent.
Autrement dit, nous ne percevons pas le monde tel qu'il est, mais tel que notre cerveau décide de nous le présenter après avoir combiné toutes les informations disponibles. Nos sens ne sont pas des capteurs indépendants, mais des informations sensorielles que notre cerveau réagence selon les besoins, comme un chef d'orchestre. Et il n'hésite pas à improviser quand la partition n'est pas claire !
La règle des cinq secondes
Omnilogismes du jour par le 28/12/2025 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Ah, ce biscuit qui glisse de notre main et atterrit sur le carrelage…
Réflexe immédiat : on le ramasse en criant « Règle des cinq secondes ! » avant de le croquer sans remords. Après tout, les bactéries ne sont pas si rapides, non ?
Mauvaise nouvelle : les bactéries se fichent complètement de votre chronomètre.
Des chercheurs de l'université Rutgers ont testé cette croyance populaire en laissant tomber différents aliments sur diverses surfaces contaminées par des bactéries. Leur verdict est sans appel : le transfert bactérien est quasi instantané. En moins d'une seconde, votre aliment est déjà colonisé.
Le nombre de bactéries transférées dépend en réalité de trois facteurs :
- le type de surface (surprenamment, le carrelage est pire que le tapis), \item l'humidité de l'aliment (une pastèque ramasse plus de bactéries qu'un bonbon sec),
- le temps de contact (pour ce dernier point, la différence entre une seconde et cinq secondes est négligeable : si le sol est contaminé, votre nourriture l'est aussi).
Ce dicton est probablement une légende urbaine pour se donner bonne conscience : )
La bonne nouvelle ? Si votre sol est propre (ou relativement propre), votre aliment ne ramassera que très peu de bactéries, quelle que soit la durée. Et si votre sol est sale, cinq secondes ou trente ne changeront pas grand-chose : il vaut mieux passer son tour.
La vraie règle serait plutôt : « Connaissez-vous l'état de votre sol ? »
Moins percutante, certes.
Les cookies pour vampire
Omnilogismes du jour par le 19/06/2022 à 02:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Aujourd'hui on parle cuisine, on parle sucre, farine et œuf !
Aujourd'hui, nous faisons coaguler du blanc d'œuf pour que les gâteaux se tiennent.
Mais qu'ouïs-je ? Certains sont allergiques à l'œuf ? Certains n'en ont pas ? Certains trouvent qu'il y a trop de calories dans un œuf ?
La science a une solution !
On sait depuis longtemps que le sang coagule fort bien à la cuisson (on en fait du boudin ou de la sanguette pour ceux qui viennent du Massif central), et on sait aussi que cela vient d'un joyeux assemblage protéique qu'on retrouve de façon similaire dans les œufs (entre autres). Hé oui, faire du boudin ou une omelette, c'est, du point de vue de la réaction chimique, le même type de durcissement qui se passe.
Mais mieux que ça les enfants, vous pouvez, toujours à cause des mêmes protéines, battre du sang en neige ! Ça fait une jolie mousse, un peu plus fine, et qui a tendance à être plus stable que celle des œufs. De quoi faire une glace parfaite, ou des macarons !
Mais alors qu'attend-on ? Après tout le sang est deux fois moins calorique que l'œuf !
Hé bien en vérité… pas grand-chose. Ce procédé a déjà été utilisé dans l'histoire (on trouve du sanguinaccio, qui est un dessert au sang sucré), et de nos jours des grands chefs en font aussi usage. Après tout, les vampires aussi doivent pouvoir se nourrir dignement !
Bon, il ne vous manque plus que LA valeur pour faire les choses bien et ne pas rater vos gâteaux. C'est assez simple, un œuf fait 55 à 70 grammes, il vous faudra donc 65 g de sang pour un œuf entier, ou 43 g pour un blanc.
Un humain normal ayant cinq litres de sang… Ça en fait des cookies(1).
- (1)↑ Vous n'êtes pas obligés d'utiliser du sang humain, ça marche avec le sang de tous les mammifères… Mais c'est moins drôle. Merci d'éviter de consommer plus d'un demi-litre de sang d'une même personne par mois, sinon elle va rapidement avoir des gros soucis de santé…
La proxémie
Omnilogismes du jour par le 05/12/2021 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Approchez-vous d'un animal, par exemple un chat : à dix mètres, il vous regardera curieusement ; à cinq mètres il se lèvera, prêt à partir ; et à trois mètres, il détalera sans demander son reste.
S'il s'agit de votre chat en revanche, il restera à ronronner tandis que vous lui grattouillez le ventre, juste à côté.
Les humains se comportent de la même façon : notre façon d'occuper l'espace et de nous approcher de nos interlocuteurs dépend de nos liens sociaux.
On distingue quatre grandes distances sociales :
- la sphère intime, à 30 centimètres environ : c'est l'espace que l'on réserve aux personnes très proches : la famille, notre conjoint…
- la sphère personnelle, jusqu'à un mètre, pour nos discussions avec des personnes que l'on connaît
- la sphère sociale, jusqu'à trois mètres, pour l'interaction de tous les jours avec des amis ou des collègues
- la sphère publique, au-delà de trois mètres, lorsque l'on parle à des groupes ou des inconnus dans un contexte qui ne nous met pas à l'aise.
Pour l'animal, on parle de territorialité ; pour l'homme, le terme retenu est la proxémie.
Quelqu'un qui s'approche plus que la sphère dans laquelle vous souhaiteriez le voir va vous mettre mal à l'aise : un collègue qui rentre dans votre sphère personnelle peut être mal vécu, ou même un ami qui vient à moins de quinze centimètres. Inconsciemment, on ressent que les distances ne sont pas respectées.
Il semblerait que ces distances dépendent de la culture : en France par exemple, notre sphère personnelle est plus rapprochée que pour un Américain.
Une seule Chine mais laquelle ?
Omnilogismes du jour par le 03/12/2021 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Connaissez-vous le nom officiel de Taiwan ?
La République de Chine.
D’une certaine manière, Taiwan est par définition le gouvernement de la Chine de 1912, remplacé en 1949 en Chine continentale par le gouvernement communiste.
Chiang Kai-shek, alors président, et leader du parti nationaliste Guomindang, est forcé de déménager son gouvernement à Taipei, sur l’île connue à l’époque par son nom portugais : Formose, cette dernière ayant été rétrocédée à la Chine en 1945 par le gouvernement japonais.
Mais ce n’est pas seulement le gouvernement qui se réfugia sur l’Île, mais une grande partie de l’élite chinoise et de nombreux citoyens qui redoutaient l’arrivée des communistes.
En Chine, le drapeau de Taiwan, est surtout représentatif de l’ancien régime, il est d’ailleurs devenu la bannière de ralliement des Chinois opposés au parti communiste (et pas spécialement taiwanais).
Les indépendantistes taiwanais sont d'ailleurs peu attaché au symbole et utilisent d’autres bannières.
Incidemment, le drapeau de la République de Chine est interdit en Chine (sauf contexte historique).
Par leur définition même, les deux entités sont incompatibles puisqu’elles prétendent (en théorie) au même rôle. Cet accord tacite a été réitéré par le consensus de 1992.
Aujourd’hui, quelques pays continuent de reconnaître la Chine nationaliste comme la seule « vraie » Chine. Néanmoins, face au rouleau compresseur économique qu’est devenue la Chine populaire il est difficile pour plusieurs pays de résister à des relations bilatérales avec la Chine populaire qui bloque tout contact économique avec les pays n’ayant pas de relations diplomatiques.
D’autres pays font le choix de relations diplomatiques non officielles au travers de consulat ou d’institut faisant office d’ambassade.
Nouvelle Calédonie, Nouvelle Zélande, Nouvelle Guinée
Omnilogismes du jour par le 22/10/2021 à 02:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Pendant sa période colonisatrice, l'Europe a essaimé un peu partout dans le monde de nouvelles villes et pays.
Force est de reconnaître un manque d'originalité : lorsque les colons arrivaient, plutôt que de s'adapter aux noms des autochtones, ils préféraient souvent réutiliser un nom de leur enfance.
Ainsi en va-t-il pour New York et la Nouvelle Orleans(1) :
- New York fait référence au duc de York, et remplace l'ancien nom de la ville… New Amsterdam !
- Nouvelle Orleans fait référence au duc d'Orléans.
Dans ces deux cas, la ville de référence existe toujours, et on peut donc parler de nouvelle Orléans (USA) et d'Orléans (France).
Mais… où sont l'ancienne Zélande, l'ancienne Calédonie, et l'ancienne Guinée ?
- La ville de Zeeland se trouve aux Pays-Bas. Elle existe toujours dans un relatif anonymat : avec ses 300 000 habitants, on peut dire que la nouvelle a largement dépassé l'ancienne.
- La Calédonie désignait autrefois l'Angleterre. Quand Astérix parle de Calédoniens, il parle bien de nos voisins d'Outre Manche ! Le nom étant tombé en désuétude, il devient maintenant courant de nommer La Nouvelle Calédonie… Calédonie tout court, pour gagner du temps !
- Quant à l'ancienne Guinée… il s'agit bien de l'actuelle Guinée, en Afrique. Pour une fois, ce n'est pas un titre ou un lieu de naissance : l'explorateur Yñigo Ortiz de Retez trouvait simplement que les habitants de cette île australe ressemblait aux Guinéens, l'expression est restée.
- (1)↑ On dit nouvelle Orléans, et pas New Orleans, alors qu'on ne dit jamais la nouvelle York.
Petite histoire de bouliers
Omnilogismes du jour par le 20/10/2021 à 02:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Ah les bouliers, des outils de calculs fantastiques, si simples mais – entre de bonnes mains – si performants ! Encore aujourd’hui, de nombreux petits commerçants et quelques (anciens) comptables en Chine, Russie et au Japon continuent de ne jurer que par eux.
De plus ils reviennent timidement en grâce dans l’éducation.
Pourtant en Europe, il y a des chances que vous n’en ayez jamais croisé, pourquoi ?
D’où vient le boulier ?
Les historiens s’accordent à faire remonter le boulier aux Babyloniens, plus de 2000 ans av. J.-C. en évolution des abaques de poussière.
On sait que les Romains utilisaient une forme de boulier adapté à leur système de numération en base 10. L’utilisation de forme de boulier non standardisé continua en Europe au Moyen-Âge, mais finit par tomber en désuétude à la Renaissance.
Les Chinois commencèrent à l’utiliser autour de 1200. Les Japonais, ayant connaissance du boulier par le biais des Chinois l’adoptèrent très tôt pour finir par développer leur propre version autour de l’an 1600.
Si en Europe l’utilisation du boulier a beaucoup été oubliée ; c’est pour plusieurs raisons : bien avant l’apparition des calculatrices électroniques, les calculatrices mécaniques étaient déjà assez répandues. (Des petits bijoux d’ingéniosité qui réclameraient sans doute leur propre article.)
Mais néanmoins cela n’explique pas tout ! L’Europe a eu tôt une culture de papier et de la comptabilité, l’habitude de poser les opérations sur papier s’est ancrée dans notre culture. Poussant dehors le boulier, qui était pourtant connu depuis des millénaires.
En Orient (et plus particulièrement en Chine, Russie et au Japon) en revanche, l’utilisation du boulier est restée jusqu’à aujourd’hui. (Même si une utilisation professionnelle devient l’apanage des anciens)
Et quelle différence entre les bouliers, sinon ?
On trouve globalement 3 familles de boulier aujourd’hui :
- Les bouliers occidentaux comme les bouliers d’écolier ou boulier russe : 9 billes par rangées.
- Les bouliers japonais (aussi connus sous le nom de soroban) qui voient leur popularité grandir dans l’éducation avec 5 billes par rangées, une bille quinaire et 4 unités
- Les bouliers chinois, 7 billes, mais qui s’utilisent de la même manière que les bouliers japonais (les 2 billes supplémentaires étant utilisés pour des calculs hexadécimaux tombés en désuétude)
L'indice de Manning
Omnilogismes du jour par le 07/05/2021 à 02:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Posez votre main droite à plat.
Maintenant, mesurez la longueur de votre index, puis celle de votre annulaire (le quatrième doigt, celui qui porte l'alliance).
Si vos deux doigts sont sensiblement de même taille, vous êtes probablement une femme ; en revanche, si votre annulaire est plus long que votre index, vous êtes probablement un homme.
Il existe évidemment des exceptions, mais cette caractéristique se retrouve de façon assez générale dans la population.
On appelle cela l'indice de Manning, ou parfois le ratio digital.
Ce ratio a été utilisé pour montrer que les mains affichées en négatif dans les grottes préhistoriques venaient à la fois d'hommes et de femmes.
Une bûche pour Noël
Omnilogismes du jour par le 05/05/2021 à 02:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Ha… La fameuse bûche de Noël, un classique depuis de très nombreuses années !
Et la question vint : mais pourquoi ? Pourquoi consomme-t-on cette bûche chaque année au moment des agapes ?
La raison est finalement assez simple, mais très ancienne puisqu'elle correspond en ces temps où l'hiver précédait le printemps et les récoltes à venir.
C'est ainsi que pour marquer le solstice d'hiver, une bûche était brûlée au soir de Noël avec la croyance que cela allait favoriser la chance d'obtenir de belles récoltes durant l'année à venir.
Le choix se portait souvent sur un arbre fruitier, signe d'abondance et à la combustion relativement lente. Cette bûche était d'ailleurs bénie avec une branche de buis ou de laurier datant de la fête des Rameaux. C'est de cette bûche brûlée chaque année qu'est née l'idée d'en faire un dessert ! Il semblerait qu'un pâtissier ait eu cette idée en 1945 : selon ses goûts, chacun la trouvera bonne… ou pas !
La malédiction du drapeau violet
Omnilogismes du jour par le 19/04/2021 à 02:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Regardez la dernière cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques, ou une discussion au Parlement Européen. Des dizaines de drapeaux flottent au vent, fiers représentants de la puissance et de l'esprit patriotique qui anime chaque pays.
Du vert, du bleu, du noir, du jaune, du rouge, du blanc…
Mais du violet ? Pas de violet. Jamais de violet.
Serait-ce dû à une superstition, un accident de l'histoire ? La raison est plus pragmatique : comme souvent, il s'agit tout simplement d'un problème de gros sous !
Avant l'ère industrielle, pour ajouter de la couleur à un vêtement (ou un drapeau), il fallait le teindre avec un pigment spécial. Certaines plantes, une fois transformées, fournissent une substance qui peut s'accrocher au vêtement : on les appelle plantes tinctoriales.
Mais le processus n'est pas facile : si toutes les couleurs (ou presque) sont dans la nature, toutes ne sont pas exploitables pour teindre de la laine !
Les rares plantes qui offrent cette capacité en portent d'ailleurs encore bien souvent la marque jusque dans leur nom : le Pastel des teinturiers est une plante qui pousse dans nos contrées et a longtemps teint en bleu nos vêtements ; la Garance des teinturiers fournissait, via ses racines, un colorant rouge.
Le processus de teinture était complexe (il fallait du temps, beaucoup de temps, pour blanchir le matériau initial : plusieurs mois dans un champ, exposé au soleil), puis différentes réactions chimiques qui permettait au colorant de s'incruster durablement dans la fibre. On me susurre dans l'oreillette que beaucoup d'urine humaine était utilisée dans le processus, mais ceci est une autre histoire…
Un bon teinturier, en faisant varier la quantité de pigment absorbée, pouvait affiner la teinte du vêtement.

Mais revenons à nos drapeaux, et au violet. Tout comme pour un vêtement, un drapeau doit être teint. Mais il se trouve que la seule méthode connue pour obtenir du violet est très peu industrialisable : il faut la bave d'un escargot qui ne vit que dans une toute petite section de la Méditeranée, et plus de 10 000 escargots sont nécessaires pour obtenir un seul gramme de pigment !
La substance coûtait trois fois son poids en or : converti, cela représente 150 000€ pour un kilo !
Au IIIe siècle, l'empereur Romain Aurélien interdit à sa femme d'acheter un châle violet qui coûtait plusieurs fois son poids en or !
À travers l'histoire, la couleur reste donc réservée aux classes dirigeantes de Rome, de la Perse, de l'Égypte ou aux hauts dignitaires religieux (en particulier pour le grand prêtre des juifs à Jérusalem)… et bien sûr, à Constantinople, nous en avons déjà parlé ici.
Impossible donc de teindre un drapeau en violet : cela coûterait beaucoup trop cher, et serait bien trop compliqué à produire.

« TU MENS ! » me diront les plus érudits d'entre vous. « Le drapeau de la Seconde République espagnole a une bande de violet ! »
C'est exact. Après la révolution industrielle, les pigments synthétiques deviennent communs et permettent une grande variété de couleur : tous les drapeaux avec des teintes violettes ont été conçus après cette époque.
Quant aux petits malins qui se demandent pourquoi ne pas avoir simplement mélangé les teintures de rouge et bleu, c'est une bonne question ! Il semblerait que le résultat n'ait jamais été satisfaisant.
Magenta, l'intrus des couleurs
Omnilogismes du jour par le 17/04/2021 à 02:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Un rayon de lumière blanche est constitué de toutes les couleurs du spectre lumineux.
Cela va du rouge au violet, avec au milieu du orange, du jaune, du vert ou du bleu.

Mais une couleur manque à l'appel… Le magenta(1).
Mais si le magenta n'est pas dans les couleurs visibles… comment peut-on le voir ‽

Pour comprendre, il faut d'abord savoir comment le cerveau analyse les couleurs. La notion de couleur n'a pas vraiment de sens dans le monde physique : c'est notre cerveau qui interprète une certaine longueur d'onde et nous la présente visuellement comme une couleur.
Si nos yeux reçoivent des sources lumineuses de longueur d'onde différentes, notre cerveau génère la couleur qui correspond à la somme des différentes composantes reçues.
Par exemple, si de la lumière rouge et de la lumière verte viennent frapper nos rétines simultanément, notre cerveau nous affichera visuellement du jaune ; la couleur à mi-chemin entre rouge et vert sur le spectre lumineux.
Mais que se passe-t-il si l'on a de la lumière des deux extrémités du spectre, rouge et violet ? On pourrait penser que notre cerveau va à nouveau prendre la couleur à mi-chemin – le vert, mais l'on aurait tort.
En fait, pour le cerveau, le spectre lumineux ne se comporte pas comme la bande affichée plus haut ; notre cerveau se le représente sous forme de boucle… et la couleur à mi-chemin du rouge et du violet sur cette roue est donc le magenta, une couleur qui n'a pas de véritable existence sur le spectre électro-magnétique (linéaire) mais qui en a une pour notre cerveau !

Peut-on dire du coup que le magenta n'est pas une vraie couleur ? Oui… et non. Car tout ce que nous appelons couleur n'a de sens que pour notre cerveau. Physiquement, la bande lumineuse que nous sommes capables de voir n'occupe qu'une toute petite partie de la bande des fréquences : le concept même de couleur ne signifie rien dans le monde physique. Et puisque les couleurs n'existent que dans nos têtes… le magenta est bien une couleur.
- (1)↑ Que les pros de l'orthographe pourront aussi appeler fuchsia, un mot qui n'est pas facile à épeler…
Statistiquement significatif ?
Omnilogismes du jour par le 15/04/2021 à 02:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Aujourd'hui, on continue de parler de chiffres. Cette fois, on a va essayer de faire de la statistique tout en douceur !
Il est courant de vouloir prouver un lien entre deux choses : par exemple, « les OGM sont-ils mauvais pour la santé ? », « ce médicament soigne-t-il vraiment ? » ou encore « cette pièce de monnaie est elle équilibrée entre ses deux faces ? ».
En sciences, on cherche à prouver en général, et pas sur un cas particulier. Par exemple, si je dis « je suis centenaire car je mange beaucoup de plats avec de l'huile d'olive », il s'agit au mieux d'une anecdote : rien ne prouve que quelqu'un avec le même régime deviendra lui aussi centenaire(1).
Mais comment prouver en général ? Prenons un exemple concret, avec une pièce de monnaie : on voudrait savoir si elle est équilibrée ou non (considérons qu'une pièce déséquilibrée fera plus souvent pile que face par exemple).
Je lance ma pièce une fois, elle fait pile. Puis-je en conclure qu'elle est déséquilibrée en faveur de pile ? Évidemment que non !
Je relance ma pièce, j'obtiens pile à nouveau. Puis-je en conclure quelque chose ?
Intuitivement, on comprend que si je lance ma pièce 1 000 fois et obtient pile 950 fois, il y aura un problème, mais où placer la limite ?
Si je fais pile 600 fois, est-ce déséquilibré ou simplement dû au dieu des aléas et du hasard ? 550 fois ? 505 fois ?
Comme on le voit, dès que l'on joue avec le hasard, il est difficile de se prononcer. Après tout, à strictement parler, une pièce équilibrée pourrait bien faire pile cent fois de suite. C'est possible, mais très très improbable !
Et c'est là qu'est la clé ! Les études vont comparer une population de référence (des gens qui ne mangent pas d'OGM, des gens qui ne prennent pas de médicament, une pièce équilibrée) et regarder les différences avec l'individu comparé (ou la population).
Pour définir cette population de référence, on a besoin d'exemples concrets sur le comportement habituel qui nous permettront ensuite de comparer avec ce que l'on étudie. Prenons donc mille pièces équilibrées, et lançons-les chacune mille fois : cela nous donne de bons exemples du comportement normal d'une pièce classique. On note les résultats en fonction du nombre de fois que l'on a vu le côté pile : on devrait obtenir une distribution centrée autour de 500 : en moyenne, la plupart des pièces auront autant de pile que de face, avec certaines répartitions un peu moins fréquentes. J'ai demandé un peu d'aide à l'ordinateur, et voilà le résultat :

Si on regarde la colonne notée 500, on peut voir que j'ai eu un peu plus de 250 pièces qui ont eu 500 fois le côté face, 500 fois le côté pile(2).
Si on regarde la colonne notée 460, un peu moins d'une dizaine de pièces se trouvent dans cet intervalle.
Plus généralement, plus la courbe « monte » haut, plus il est probable qu'une pièce équilibrée se trouve dans l'intervalle.
On peut « lisser » la représentation précédente en faisant encore plus d'essais : dix mille, cent milles, un million, … ou simplement en appliquant les mathématiques(3) qui nous donnent alors la courbe suivante :

On appelle ce type de distribution une distribution normale. Notez que la forme générale ressemble à une cloche, d'où le petit surnom de cloche de Gauss !
Muni de cette visualisation, on se rend compte que pour pouvoir dire que quelque chose est « significatif », il faut que ce quelque chose dévie significativement de la norme – autrement dit, qu'il soit en dehors de la répartition classique.
Si j'ai obtenu 400 fois pile et 600 fois face, je suis très en dehors de l'intervalle : il est sûr que la pièce est déséquilibrée(4) !
Dans la réalité, il est assez rare de sortir complètement de la cloche : on introduit donc le concept de p-valeur : il s'agit de notre intervalle de confiance, ou plus précisément de l'écart que l'on souhaite voir avec le hasard.
Par exemple, une p-valeur de 5 % signifie que l'on va regarder si notre résultat tombe dans les 5 % les plus extrêmes de la cloche :

Dans le cas des pièces, on peut calculer qu'une pièce qui fait plus de 526 fois pile sur mille lancers est déséquilibrée pour une p-valeur de 5%(5).
On trouve trois p-valeurs classiquement utilisées :
- 10% : on est peu sûr de quelque chose (il y a dix pour cent de chances que l'on se trompe)
- 5% : on est relativement sûr de quelque chose (il y a cinq pour cent de chances que l'on se trompe)
- 1% : on est très fortement sûr de quelque chose (il y a un pour cent de chances que l'on se trompe)
Plus la p-valeur est faible, plus l'on est sûr. En sciences dures, on utilise fréquemment des seuils très forts (par exemple, p-valeur de 0,000 029 % pour la détection du boson de Higgs en physique). Dans les sciences moins exactes, on ne peut pas toujours se permettre d'aller aussi loin (en biologie par exemple, on ne peut pas faire des expériences sur des millions de personnes), et l'on fixe souvent une p-valeur de 5%.
Dire de quelque chose qu'il est statistiquement significatif pour une p-valeur de 5% signifie donc que les résultats que l'on a obtenu tombent dans les 5 % les plus extrêmes d'une distribution classique.
Ça ne veut pas dire que l'on est sûr : on ne deviendra sûr que si plusieurs études confirment le résultat. À 5%, on peut juste dire que l'on a une présomption que ce que l'on étudie a un impact qui fait dévier significativement de l'habituel.
- (1)↑ Exemple idiot : il existe des centenaires fumeurs. Ils pourraient dire que leur longévité provient de la cigarette !
- (2)↑ En vérité, il s'agit d'un histogramme qui groupe : il est plus correct de dire que 250 pièces ont eu entre 495 et 505 fois le côté pile.
- (3)↑ Pour les matheux qui suivent, \(\mu = 500\) et \(\sigma = \frac{\sqrt{1000}}{2}\).
- (4)↑ En vérité, rien n'est jamais sûr, juste fortement improbable. Mais ainsi va la science…
- (5)↑ Attention, on ne peut pas dire qu'elle a 5 % de chance d'être déséquilibrée ! On peut juste conclure qu'elle fait partie des 5 % les plus extrêmes de la distribution classique.
L'ordre alphabétique
Omnilogismes du jour par le 13/04/2021 à 02:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Utiliser l'ordre alphabétique sur des mots complets(1) est une invention relativement récente par rapport à l'invention de l'alphabet ou de l'écriture elle même.
Meême si cela nous semble aujourd'hui évident, c'est une technique qu'il faut enseigner aux enfants (et qu'il a fallu historiquement enseigner aux adultes aussi).
Plusieurs listes de 300 avant J.-C. ont été trouvées dans les Îles Égéennes, donnant le nom de personnes participants à certains cultes religieux : ces listes sont triées alphabétiquement, mais uniquement sur la première lettre (Lucas avant Matthieu, mais Martin et Matthieu dans un ordre indifférent).
Certains papyrus grecs datant de 134 contiennent les fragments de livres de compte, dans lequels on retrouve le nom de contribuables triés sur la première et seconde lettre de leurs noms, mais pas plus.
Apollonios le Sophiste utilise l'ordre alphabétique sur les deux premières lettres, et parfois sur la suite, dans son Lexique des mots dont Homère s'est servi : nous sommes toujours au Ie siècle de notre ère !
On retrouve quelques exemples avec une alphabétisation plus correcte, en particulier dans les Doctrines d'Hippocrate de Galen (aux alentours de l'an 200), mais cela reste très rare.
En 630, les mots ne sont toujours triés que par leurs première et seconde lettres dans Les Étymologies de Saint Isidore de Séville, ce qui lui vaudra tout de même d'être au XXe siècle nommé par le Vatican saint patron des informaticiens ! De même pour le Corpus Glossary, ces deux œuvres étant pourtant les plus larges compilations non numériques du Moyen-Âge.
Il faudra attendre 1286 et Giovanni Balbi et son Catholicon pour trouver une description spécifique d'un ordre alphabétique se faisant sur toute la longueur du mot. Dans sa préface, Giovanni explique donc que :
amo précède bibo
abeo précède adeo
amatus précède amor
imprudens précède impudens
iustica précède iustus
polisintheton précède polissenus
Ce qui correspond à des exemples dans lesquels l'ordre est défini par la première, seconde, troisième, … jusqu'à la sixième lettre), « et ainsi de suite de façon similaire ».
Il remarque d'ailleurs que cette tâche n'était pas facile, et que de nombreux efforts furent requis pour trier cette liste : « je supplie donc mon cher lecteur de ne pas mépriser ce pensum et cet ordre comme un élément sans valeur de mon travail ».
Le premier dictionnaire d'Anglais, Table Alphabeticall de Robert Cawdrey (1604) contient les instructions suivantes :
Nowe if the word, which thou art desirous to finde, beginne with (a) then looke in the beginning of this Table, but if with (v) looke toward the end. Again, if they word beginne with (ca) looke in the beginning of the letter (c) but if with (cu) then looke toward the end of that letter. And so on of all the rest. &c.
Autrement dit, des instructions pour parcourir facilement le dictionnaire selon le mot recherché ! Ironiquement, il semblerait que Cawdrey apprenait lui aussi à alphabétiser : de nombreux mots sont mal placés dans les premières pages !
Encore un exemple concret d'un savoir qui nous semble logique et intuitif, mais qui aura pris de très nombreuses années avant de se démocratiser !
- (1)↑ Pour distinguer « luth » et « lutteur » par exemple.
Les toilettes asiatiques
Omnilogismes du jour par le 24/04/2019 à 02:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

On a déjà parlé, sur ce site même, de l'endroit où la main droite doit ignorer ce que fait la main gauche.
Si la société moderne ne raffole pas particulièrement des références aux excréments humains, force est de constater que le sujet fascine pourtant : il justifie pourquoi la main gauche est considérée comme impure dans certains pays, il rapporte des millions aux fabricants de papier toilettes, lequel se décline d'ailleurs en une, deux, trois voire quatre épaisseurs ! On a même déjà mentionné le sens optimal d'essuyage…
On pourrait donc croire l'histoire des toilettes intimement lié au papier éponyme, le célèbre PQ. Mais ce serait une perspective très occidentale… car le papier toilette n'est que peu utilisé en Asie.
Cela ne signifie évidemment pas que nos amis asiatiques ne se lavent pas l'entre-fesses : ils ont simplement développé une technique différente ; et comme nous allons le voir, bien plus économique.
Là où un français consomme environ cent rouleaux de papier toilette par an(1), les toilettes asiatiques ne consomment absolument rien. Ou plutôt, juste un peu d'eau.
Historiquement, chaque civilisation a tenté de profiter de ce qui était disponible localement : journaux, feuilles, pierres, ou épi de maïs ! Mais aujourd'hui, les deux méthodes les plus courantes sont le bien connu papier toilette, et la méthode que je vais vous décrire ici.
Comment ça marche ? En lieu et place du traditionnel dévidoir, on retrouve un tout petit appareil ressemblant à un pommeau de douche. Un mini-karcher qui permet de… pas besoin de faire un dessin.

Les avantages ? Pas de gaspillage de papier, et un système plus hygiénique, puisqu'il évite tout contact entre les excréments humains potentiellement infectieux, et les parties de votre corps qui peuvent atteindre bouches ou yeux : vos mains !
Les inconvénients ? Un usage un peu surprenant, et les premières fois, des fesses mouillées(2) !
Parmi toutes les toilettes asiatiques, l'une d'elle se distingue plus encore : il s'agit des toilettes japonaises. Véritables concentré de high-tech, inventées dans les années 60 par l'entreprise Toto, elles vous fourniront siège chauffant, chasse d'eau automatique, un tuyau de nettoyage visant automatiquement, des accoudoirs, des diffuseurs de bruit blanc, et plus encore. Et le mécanisme ne fait que s'améliorer : au CES, on présentait un prototype de toilettes encore plus innovant : séchage, lumière, et intégration avec assistant vocal ! Une alternative moins écologique, mais qui pourrait rendre vos séjours au petit coin plus agréable…
Pas de panique si vous tombez sur la version plus low tech et ne souhaitez pas tenter l'aventure locale : la plupart des hôtels incluent un système plus classique de papier toilette pour les voyageurs qui ne souhaitent finalement pas être trop dépaysés. Mais plus de 95 % de la population indienne utilise de l'eau pour son nettoyage d'arrière-train…
Et si vous trouvez cette pratique répugnante… sachez que l'inverse est aussi le cas : un explorateur asiatique racontait dans ses lettres l'hygiène déplorable des habitants de France qui « s'essuient le derrière avec du papier » !
Et d'ailleurs, le papier toilette étant sec, il fonctionne moins bien que l'eau, et est propice à l'apparition d'hémorroïdes. Ajoutons aussi que le bidet européen est une preuve que les européens ont déjà utilisé autre chose que du papier !
Les toilettes plus modernes incluent un système plus facile d'utilisation : un petit tuyau judicieusement placé sous la cuvette. Il suffit ensuite d'appuyer sur un bouton pour bénéficier d'un jet d'eau (chaude) nettoyant !

La médecine des sangsues
Omnilogismes du jour par le 31/03/2019 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Les sangsues commencent à être utilisées en tant que traitement médical dès 500 av. J. -C, et resteront populaires jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Quand on y pense, cela fait plus de deux millénaires pendant lesquels les humains se lient avec des vers dans l'espoir de guérir de leurs maladies (ça ne marche pas) ou de supprimer « leur trop plein de sang » (ça ne marche pas non plus, et pour cause, ce n'est pas une vraie maladie).
Heureusement, les parasites des sangsues ne survivent pas dans l'être humain, et le « traitement », à défaut d'être utile, n'est pas dangereux dans la plupart des cas.
Ironiquement, les sangsues firent leur grand retour en médecine dans les années 1980, lorsque l'on découvrit que les anticoagulants dans leur salive pouvaient être utilisés en chirurgie. Cependant, la science découvrit aussi rapidement laquelle des protéines dans la salive avait cette propriété, et on la synthétisa en laboratoire, rendant une nouvelle fois les sangsues inutiles dans le domaine médical.
Le boustrophédon
Omnilogismes du jour par le 29/03/2019 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Dans quel sens doit-on écrire ?
- Si l'on pose la question à tous ceux qui parlent un langage descendant du grec, la solution est évidente : de gauche à droite.
- Si l'on demande aux descendants des langues sémitiques (hébreu, arabe), on va de droite à gauche.
- Si l'on remonte un peu le temps, Égyptiens et Chinois écrivaient de haut en bas.
Mais si l'on remonte encore plus, on peut retrouver un ancêtre commun encore plus original : le boustrophédon.
On écrit la première ligne de gauche à droite, puis arrivé en bout de ligne, plutôt que de ramener son crayon en début de ligne, on continue sur la ligne du dessous « à l'envers », donc de droite à gauche mais aussi en inversant le sens des lettres :

Le terme boustrophédon signifie « action de tourner du bœuf », et est inspiré de la similitude entre cette méthode d'écriture et la façon dont un bœuf trace des sillons dans un champ.
On retrouve cette façon inhabituelle d'écrire dans les anciennes civilisations (par exemple, les tablettes Rongo Rongo). Aujourd'hui cependant, c'est une méthode que l'on ne retrouve quasiment plus.
Sinus et cosinus, des erreurs de traduction !
Omnilogismes du jour par le 23/02/2019 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Les adeptes de trigonométrie connaissent les trois fonctions principales : sinus, cosinus et tangente.
Le terme de tangente s'explique géométriquement (c'est la tangente au cercle en un point donné), et l'on peut imaginer que cosinus fait référence à la relation entre sinus et son co-sinus : \(cos² + sin² = 1\).
Mais d'où vient le terme de sinus ?
Lorsque Gérard de Crémone traduisit de l'arabe les traités de trigonométrie, le mot latin sinus (le nom donné au pli utilisé pour pendre une toge par la partie supérieure, et par extension à un pli de vêtement en général) fut le mot le plus proche qu'il put trouver par rapport à l'arabe jaib, qui signifie poche ou pli.
L'ironie est que ce n'est pas le mot jaib qui était utilisé dans le traité ! Il s'agissait du mot jyb, de même consonance, qui était la façon que les Arabes avaient eux-même eu de retranscrire le mot sanskrit jya dans leur alphabet.
On trouve les racines de ce mot indien dans le grec pour « corde ».
Autrement dit… aux origines du mot sinus se trouve un emprunt au latin d'une mauvaise traduction de l'arabe d'une traduction du sanskrit d'une traduction du grec du mot « corde » !
L'utérus errant
Omnilogismes du jour par le 21/02/2019 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

La théorie de l'utérus errant nous vient des Grecs de l'Antiquité, et a infecté la pensée médicale jusqu'au XIXe siècle.
On pensait alors que « l'hystérie » (des émotions incontrôlables qui n'affectent, évidemment, que les femmes) provenait de l'utérus se déplaçant dans le corps de la femme, dérangeant les autres organes sur son chemin !
Les traitements impliquaient d'amadouer l'utérus pour qu'il retourne à sa place. Pour cela, on utilisait des odeurs : affreuses au niveau du nez, et bonnes autour des parties génitales pour l'attirer.
Si cela ne suffisait pas, avoir des relations sexuelles était considéré comme un bon second traitement.
Lorsque les docteurs finirent par accepter que l'utérus n'était pas un être séparé vivant sa vie voyageant partout dans le corps, le concept d'utérus vagabond finit par disparaître.
Cependant, l'idée de l'hystérie resta, et en 1860 elle évolua en un mal psychologique causé par l'absence d'orgasmes en quantité suffisante !
La masturbation étant immorale, une femme hystérique célibataire ou dont le mari n'était pas « volontaire » se retrouvait coincée.
Les médecins durent donc masser les femmes jusqu'à l'orgasme. À l'époque, la culture européenne pensait que les relations sexuelles impliquait forcément un pénis, ce qui faisait donc du massage une simple procédure médicale.
Cependant, produire un orgasme médicalement prenait du temps et de l'énergie, ce qui amena à la création du vibromasseur : une technologie originellement inventée pour faire gagner du temps à des médecins fatigués…
L'histoire de cette invention particulière a été relatée en film en 2011, poétiquement nommé « Oh my God ! »
Le gerrymandering
Omnilogismes du jour par le 15/02/2019 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Gerrymandering : sous ce nom barbare qui ne cherche même pas à masquer ses origines américaines se cache l'idée qu'un découpage opportuniste de la population peut amener à des résultats contre-intuitifs lors d'élections.
Prenons l'exemple concret d'une population répartie entre deux partis : d'un côté, les Verts(1), et de l'autre les Jaunes(2) : 
Pour une élection classique – par exemple l'élection présidentielle française – chaque citoyen vote dans sa circonscription, et l'on fait ensuite la somme des voix. Rien à signaler ici : on trouvera bien Jaune majoritaire, et un président Jaune sera probablement élu.
Les problèmes potentiels commencent lorsque chaque circonscription élit un unique représentant, par exemple un député. Dans ce cas là, la façon dont la circonscription est découpée peut avantager certains partis au détriment des autres.
Prenons un exemple concret. Si l'on veut cinq circonscriptions, on peut découper ainsi : 
On aura ainsi deux députés Verts et trois députés Jaunes, ce qui fait écho à la répartition initiale. Tout va bien.
Mais que se passe-t-il si le découpage est différent ? 
Cette fois-ci, on aura cinq députés Jaunes, ce qui ne représente plus vraiment la population initiale : les intérêts Verts sont complètement oubliés.
Pire encore : en groupant astucieusement, on peut faire gagner la minorité ! 
Avec ce dernier découpage, on aura trois députés Verts, deux députés Jaunes, donnant la majorité aux Verts alors qu'ils sont en réalité minoritaires dans la population initiale.
Le problème se pose pour chaque découpage. Il part souvent d'une bonne intention (par exemple, un quartier d'une certaine minorité ethnique a sa propre circonscription pour assurer une gouvernance en cohésion avec les demandes des habitants) mais peut au final diluer les minorités (ou les majorités) aux niveaux supérieurs (par exemple à l'Assemblée nationale).
Le problème est encore plus marqué chez les Américains, pour lesquels le découpage administratif devient un art dans lequel on redécoupe jusqu'à obtenir ce que l'on veut, souvent au détriment de la logique ou de la géographie.
Lorsqu'il s'agit d'un découpage historique, c'est un problème frustrant mais légal (on peut par exemple citer le cas de Donald Trump, démocratiquement élu même si le nombre de votants en sa faveur était plus faible que son opposante, ce qui nous surprend forcément de ce côté de l'Atlantique mais est la conclusion logique du système de « grands électeurs »).
Le terme de gerrymandering est un mot-valise créé en 1811 pour dénoncer Elbridge Gerry, un politicien qui venait de redéfinir ses circonscriptions de façon clairement frauduleuse. La forme de la circonscription sur une carte ressemblait vaguement à une salamandre (salamander) : gerry-mander donna ensuite gerrymandering.

Preuve, une nouvelle fois, que dans le domaine des statistiques l'on peut faire dire n'importe quoi aux chiffres.
Des bouses saveur vanille
Omnilogismes du jour par le 13/02/2019 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Un milliard trois cent millions de tonnes par an… telle est la quantité de bouse produite par toutes les vaches de la terre.
Ce gros tas de merde, pardon pour la vulgarité mais c'est le cas, est donc formé par ce ruminant qui, non content de nous réchauffer l'atmosphère par ses nombreux pets, nous pollue avec ses ÉNORMES déjections(1).
Alors, on a bien essayé de s'en servir :
- Méthanisation
- Combustible
- Fertilisant
- Isolant
- Matériaux de construction
Il y a même un championnat du monde de France de lancer de bouse de vache(2). Mais ce sport est condamné dans l'ombre, uniquement enseigné à un faible nombre d'initiés(3), mort né à cause de son trop faible potentiel télégénique.
Non, il a fallu attendre jusqu'à 2006 pour avoir enfin quelque chose de badass dans l'utilisation de la bouse : en tirer un parfum de vanille.
Et cette idée ne peut forcemént venir que d'un seul endroit dans le monde, là où les volcans côtoient les centrales nucléaires, j'ai nommé :
LE JAPON(4)

Nous devons cette découverte à une chercheuse, Mayu Yamamoto. Voici une reconstitution fiable(5) de ce qui c'est passé dans la tête de cette chercheuse au moment où elle fut touchée par la grâce de Dieu :

La dite scientifique à donc eu cette idée, génialissime, de fabriquer de l'arôme de vanille à partir de bouse. Et par arôme, je parle de Vanilline, la principale molécule à l'origine de l'odeur de vanille. Mais revenons à nos vaches.
Certains penseraient que la vanilline existe à l'état naturel dans la bouse et que sa fabrication se ferait en une simple, bête et méchante étape d'extraction ? Que nenni ! Il n'y a pas une once d'odeur de vanille dans une bouse à l'état naturel(6), quand bien même vous feriez brouter des gousses de vanilles à cette très chère Marguerite. Non, ce qui est intéressant dans la bouse, c'est sa teneur en lignine très élevée.
Alors qu'est ce que la lignine ? C'est une brique de base des végétaux, au même titre que la cellulose. Avec la différence notable par rapport à cette dernière qu'elle est totalement in-absorbable par mon ennemi mortel : la vache, et ce malgré son système digestif extrêmement performant quand il s'agit de bouffer de la verdure.
- (1)↑ Mais qui n'a jamais été opportuné lors d'une balade champêtre soit par leur odeur, soit par le contact involontaire et nauséabond d'une paire de chaussures avec un de ces étrons digne d'un dinosaure ? Que celui à qui ce n'est jamais arrivé me lance la première bous… -SPLASH-… Enflure de citadins !
- (2)↑ Véridique, voir cet article si vous vous sentez l'âme d'un lanceur de crottes.
- (3)↑ C'est dommage, je voyais bien une catégorie « poussin » avec des déjections de moutons à envoyer le plus loin possible à la sarbacane.
- (4)↑ J'ai l'impression d'avoir posé un point rouge en guise de drapeau du Japon.
- (5)↑ Tout est relatif !
- (6)↑ Je sais, je l'ai senti.
Les origines nucléaires du pamplemousse rouge
Omnilogismes du jour par le 11/02/2019 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Le pamplemousse rouge rubis consommé aujourd'hui est le produit d'un programme américain de 1950 nommé « Atomes pour la paix ».
Le but de ce programme ? Promouvoir des usages civils du nucléaire, en dehors d'un contexte militaire. Une des idées du programme est le Gamma garden, « jardin gamma » (le nom est déjà épique).
Qu'est ce que ce jardin gamma ? On place des matériaux radioactifs au centre du jardin, puis on plante ensuite des graines en cercles concentriques autour. Les plantes les plus proches meurent empoisonnées par les radiations, les plantes les plus lointaines sont globalement peu affectées, mais les plantes au milieu subissent un enchaînement aléatoire de mutations. La plupart de ces mutations amènent à des aberrations ou rendent la plante stérile, mais parfois les étoiles s'alignent, et la mutation est un succès évolutionnaire.
C'est de cette façon que naît le pamplemousse rouge pomelo : une variété plus sucrée, créée par rayonnements atomiques sur un pamplemousse rouge.
La chair du pamplemousse original avait aussi l'inconvénient esthétique de virer au rose rapidement ; ce qui n'est pas le cas de la variété radioactive.
Évidemment, les descendants de la plante ne sont pas radioactifs. La plupart des pamplemousses rouges que vous trouverez dans le commerce aujourd'hui sont les descendants de ces plantes mutées par la puissance de l'atome !
Le paradoxe de Simpson
Omnilogismes du jour par le 09/02/2019 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Mark Twain disait : « Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques ».
Aujourd'hui, nous allons parler du paradoxe de Simpson. Si on devait le résumer en une phrase, on pourrait dire qu'un phénomène observé sur plusieurs groupes peut s'inverser lorsque les groupes sont combinés.
Comme cette définition Wikipediaesque n'aide que ceux qui connaissent déjà le principe(1), prenons un exemple concret fréquemment utilisé pour parler du phénomène : les traitements pour les calculs rénaux.
Sans rentrer dans les détails, puisque ce n'est pas le but de l'article, on dispose de deux méthodes pour traiter ces petits cailloux : appelons-les méthodes A et B.
On cherche à savoir quelle méthode est la plus efficace. La méthode A fonctionne dans 78 % des cas (273/350), la méthode B fonctionne dans 83 % (289/350).
à première vue, le nombre d'expériences est suffisant pour être représentatif, et l'on serait donc tenté de conclure logiquement que la méthode B est plus efficace que la méthode A.
Pas si vite ! Regardons maintenant le taux de succès en fonction de la taille du calcul rénal : d'un côté, pour les cailloux inférieurs à deux centimètres de diamètre, et de l'autre les résultats pour les cailloux plus gros.
| Traitement A | Traitement B | |
|---|---|---|
| Petits cailloux | 93% (81/87) | 87 % (234/270) |
| Gros caillous | 73% (192/263) | 69 % (55/80) |
| Total | 78 % (273/350) | 83% (289/350) |
La conclusion est paradoxale : le traitement A est plus efficace sur les petits cailloux, et aussi plus efficace sur les gros cailloux.
Alors qu'au total, théoriquement, le traitement B est plus efficace partout.
Il y a clairement un problème, non ? Effectivement. Et il vient de la façon dont les données sont réparties : en regardant plus en détail, on peut constater que les petits cailloux ont un meilleur taux de succès (93 et 87 % respectivement).
Et le traitement B a beaucoup plus d'occurrences pour les petits cailloux, ce qui pousse artificiellement sa moyenne combinée vers le haut.
En d'autres termes, un traitement moins efficace est, en première approximation, le meilleur.
Comment se prémunir de cet effet ? La meilleure solution est d'éviter de croire les chiffres que vous pouvez voir en vrac sur Internet, et de toujours vous référer à la publication originale qui a été vérifiée pour ce genre de biais.
Méfiez-vous donc des données agrégées !
- (1)↑ Ce qui est un problème courant de Wikipédia. Si vous en doutez, allez jeter un œil à leur définition de l'addition : « on appelle addition la loi de composition interne des espaces vectoriels et de certains groupes abéliens ». Merci, non merci !
Un petit truc pour calculer ses pourcentages facilement
Omnilogismes du jour par le 03/02/2019 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

En une phrase ; inversez vos calculs de pourcentage.
Sans utiliser une calculatrice, pouvez-vous me dire combien font 8 % de 50 ?
Je vous imagine penser : 10 % vaut 5. Donc 8 % doit être un peu moins. Probablement autour de 4 ou 4,5. Clairement pas un nombre entier, puisque 50 et 8 ne sont pas divisibles. Disons 4,333 3, à la louche.
La solution ? Exactement 4.
Sans utiliser de calculatrice.
Il suffit simplement d'inverser le calcul. Puisque 8 % de 50 valent la même chose que 50 % de 8.
Et pour la plupart des gens, 50 % de 8 est bien plus facile à faire de tête.
Cela marche avec tous les nombres :
- 4 % de 75 ?
- 80 % de 50 ?
- 30 % de 25 ?
Souvent, ce petit truc simplifie énormément le calcul mental.
Et si vous vous demandez, ça marche aussi avec les nombres supérieurs à 100 : 5 % de 2000 valent 2000 % de 5 (\(20 \times 5\)).
Pour les matheux, la preuve est évidente : si on a \(a \times \frac{b}{100} = c\), alors on a aussi \(\frac{a \times b}{100}\) et donc \(\frac{a}{100} \times b = c\).
L'endométriose
Omnilogismes du jour par le 28/01/2019 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

L'endométriose est une maladie qui touche 10 à 15 % des femmes. En France, cela représente 2 à 4 millions de malades, en Europe 14 millions de femmes et 180 millions dans le monde. Ce qui veut dire que statistiquement, une femme sur dix de votre entourage a de l'endométriose.

Avec un nombre de malades aussi important, on pourrait se dire que le diagnostic de cette maladie est une chose courante : détrompez-vous, il faut en moyenne 5 à 9 ans pour déceler l'endométriose chez une femme. Un durée énorme sachant que plus le diagnostic intervient tard, plus la maladie fait des dégâts.
Pourtant cette maladie existe depuis l'Antiquité, puisqu'elle était décrite dans le canon d'Hippocrate(1). Mais alors comment fonctionne cette maladie si répandue et pourtant si peu connue ? Pour répondre à cette question, révisons un peu la biologie féminine :

L'endomètre est la muqueuse interne de l'utérus. Les cellules de l'endomètre vont répondre à des stimuli hormonaux, et tous les mois cette muqueuse va s'épaissir pendant plusieurs semaines dans le but d'accueillir un ovocyte fécondé. Mais lorsqu'il n'y a pas de fécondation, l'endomètre se désagrège et coule hors de l'utérus et par le vagin : ce sont les règles.
Pour les patientes atteintes d'endométriose, des cellules de l'endomètre se retrouvent hors de la cavité utérine, donc par exemple dans les trompes, sur les ovaires, l'extérieur de l'utérus, le système digestif, le système urinaire, … en général la cavité abdominale. Tout comme les cellules situées dans l'endomètre, elles réagissent également aux stimuli hormonaux et vont donc s'épaissir durant le cycle puis se désagréger ; mais le sang, ne pouvant sortir par les voies naturelles, sera piégé dans la cavité abdominale. Ces lésions vont créer des phénomènes inflammatoires dans le corps, des kystes sanguins et des phénomènes d'adhérence entre les organes.
Les symptômes de l'endométriose sont très variables puisqu'ils vont dépendre des zones présentants des lésions. Les principaux symptômes sont de fortes douleurs pendant et hors des périodes de règles, des problèmes digestifs, de la fatigue chronique, de l'infertilité ainsi que des problèmes urinaires. Cependant chez certaines femmes l'endométriose peut-être asymptomatique.
L'origine de cette maladie n'est pas encore connue, le corps scientifique n'a pour l'instant que des hypothèses, mais des études ont montré que des facteurs génétiques et environnementaux pourraient faire partie des causes de cette maladie.
Si vous connaissez dans votre entourage une femme qui souffre de douleurs au ventre pendant ses règles, n'hésitez pas à lui parler de cette maladie.
Si vous souhaitez en savoir plus, pourquoi ne pas lire ce roman graphique en ligne qui traite du sujet ?
- (1)↑ Un ensemble de livres de médecine, dans lequel on retrouve entre autre le bien connu serment d'Hippocrate !
De l'importance du lavage de mains
Omnilogismes du jour par le 12/01/2019 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Nous sommes en 1847, et le docteur hongrois Ignace Philippe Semmelweis est en charge d'un hopital comprenant deux maternités : l'une des maternités est gérée par des étudiantes sages femmes, l'autre par des étudiants en médecine pratiquant des autopsies avant les accouchements, sans se laver les mains entre les deux opérations.
Le docteur se rend rapidement compte d'un fait étrange : dans la seconde clinique, les jeunes mères décèdent d'infection dans 18 % des cas, tandis que la seconde clinique affiche un taux de décès plus faible de 3%.
Inspiré par un de ces coups de génie qui font avancer l'humanité d'un grand pas, il impose à tout le monde de se laver les mains avant de pratiquer les accouchements. Le taux de décès tombe à 1 % pour les deux maternités, un chiffre exceptionnel pour l'époque (on n'avait alors aucune idée de pourquoi certaines femmes mouraient, et l'on pensait qu'il était naturel pour elles de décéder en donnant la vie).
À cette époque, les causes d'une maladie sont considérées uniques pour chaque patient, et le concept même que l'on puisse éviter une maladie simplement en se lavant les mains semble extrême. Toute la médecine est restée bloquée sur l'idée (stupide) d'Hippocrate, que toutes les maladies proviennent d'un déséquilibre entre les quatre humeurs fondamentales du corps humain, une idée qui aura fait des milliers de morts pendant des milliers d'années…
Mais à l'hôpital, personne n'aime les idées du docteur. Le procédé proposé demande de se laver les mains pendant presque 5 minutes avec du chlore irritant, et même si l'histoire ne le dit pas, on peut imaginer que la remise en question était difficile (« ça ne peut pas être ma faute si toutes ces femmes sont mortes ! », ou « les mains d'un gentleman ne peuvent pas transmettre des maladies »).
Le docteur Semmelweis est donc renvoyé. Pendant 16 ans, il tente de convaincre ses pairs de l'importance de se laver les mains, mais se heurte à un mur…
Il finit par sombrer dans la folie, et est envoyé à l'asile. Il y mourra quatorze jours plus tard d'une septicémie, battu par les gardes. Triste ironie…
L'idée que l'hygiène personnelle puisse empêcher les infections ne sera acceptée que vingt ans après sa mort, lorsque l'on découvrit l'existence des microbes.
Aujourd'hui, cette manie qu'ont les humains de rejeter instinctivement toutes les informations qui contredisent leurs valeurs est encore appelé l'effet Semmelweis.
Les mots croisés
Omnilogismes du jour par le 11/01/2019 à 01:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Historiquement, les linguistes n'ont pas la réputation d'être des rigolos.
Souvent sérieux, on les retrouve occupés à tenter de classifier et d'ordonner le savoir humain : tel par exemple Isidore de Séville qui rédige au VIIeLes Étymologies, retraçant les origines de plus de 100 000 mots.
Un travail de fourmi, aujourd'hui contesté sur certains points mais accepté dans son immense majorité, continué historiquement jusqu'à nos jours.
Mais voilà, aujourd'hui, que faire lorsque l'on maîtrise sur le bout des doigts la langue de Voltaire, que l'on a une culture générale plus épaisse qu'une tartine de Nutella dans une publicité télévisée, et que l'on souhaite en faire profiter ses congénères ?
Une des solutions est de devenir verbicruciste, ou sphynx. Mais qu'est-ce donc, me demanderez-vous ? Très simple ! Il s'agit de créer des grilles de mots croisés.
Apparues en France en 1924 sous le nom de mosaïque mystérieuse, le principe général reste le même aujourd'hui : à partir de définitions volontairement ambiguës, le joueur devra compléter une grille de mots qui se croisent.
Le but est de chatouiller l'intérêt du cruciverbiste (celui qui résout les grilles) en restant en permanence subtil : une bonne définition, tel un cavalier au échecs, fournit « deux pas en avant et un pas sur le côté » ; une fois le mot trouvé, la définition doit apparaître évidente.
Pour obtenir cet effet, les jeux de mots, les doubles sens ou les jeux sur la pollysémie sont courants.
Par exemple,
- La définition Couvent peut être interprétée comme la conjugaison du verbe couver (donnant par exemple le mot Entourent), ou plus simplement Monastère.
- La très classique définition Tube de rouge donne Internationale : il s'agit en effet d'un tube (musique) pour les rouges (communiste). La définition Chant pour communiste aurait eu la même solution, sans fournir la même satisfaction intellectuelle une fois le mot trouvé.
- La définition Suit le cours des rivières est un autre bon exemple : une de ses solutions, Diamantaire, est inattendue et subtile.
- Toujours à faire des histoires ! donnera par exemple Écrivain.
Bien évidemment, chacun est libre de trouver les grilles qui lui plaisent : un amateur ne prendra aucun plaisir sur une grille trop difficile, l'inverse étant vrai aussi.
Plus récemment, les mots fléchés ont pris leur envol. Il s'agit de grilles dont les définitions sont intégrées directement dans les cases noires : elles sont souvent plus faciles, et considérées plus abordable pour les débutants qui n'ont pas besoin de se référer de la grille à une liste de définitions en permanence.
On peut trouver des mots fléchés dans la plupart des périodiques de France : 20 minutes, Métro, le Progrès, Femme Actuelle, Notre Temps, …
Comment choisir la couleur de ses boules de pétanque ?
Omnilogismes du jour par le 30/03/2018 à 00:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Vous avez déjà répondu rouge, verte, ou bleue à cette question, vous vous êtes trompé d'article. Il n'est pas question de boules en plastique pour les enfants ici. Je vais vous parler de boules de pétanque blanches ou noires.
Blanches ?
Elles sont plus répandues dans le sud de la France. La raison est très simple, elles glissent mieux en sortie de la main. Du coup, contre les mains moites, la transpiration, les boules blanches sont une bonne solution.
Autre avantage, elles sont plus propres, on se salit donc beaucoup moins en jouant avec des boules blanches. Et ce, encore plus si elles sont en acier inoxydable, c'est à dire qui ne rouille pas, ce qui n'est pas le cas des boules noires.
Noires ?
Les boules noires rouillent, c'est d'ailleurs leur principal inconvénient.
Par contre, si vous n'aimez pas les boules qui glissent, les boules noires sont faites pour vous. Certains font même exprès de laisser la rouille arriver…
Il existe plus de modèle de boules noires tendres, pour un rebond mieux contrôlé, et ces modèles sont généralement moins chers que leurs équivalent en boule blanche inox.
Et n'oubliez pas, comme dit dans la chanson « une partie de pétanque » : l'important c'est de se faire plaisir !
Distinguer un homme d'une femme
Omnilogismes du jour par le 28/03/2018 à 00:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Voyage voyage ! Plus loin que la nuit et le jour…
Oh ? Vous êtes là ! Ah ah, je ne vous avais pas vu, excusez-moi. Vous êtes monsieur ? Oups, pardon madame ! Pardonnez le pauvre hère que je suis, c'est à croire que ma vision me fait défaut. Vous êtes donc ?
— Herr Maphrod.
Ah. Scheiße. Désolé, je ne pouvais pas savoir que vous n'aviez pas mué. En même temps, quelle idée de porter le catogan ?
Qui n'a jamais été confronté à ce genre de situation ? Quel homme à l'œil un tant soit peu lubrique ne s'est pas surpris à regarder un arrière train masculin en pensant que la donzelle qui le possède était bien « roulée »(1) ?
Mais alors, comment distinguer à coup sûr un homme d'une femme ? En prenant en compte le prénom de ladite personne, on admettra que les limites sont vites atteintes.
Parce que si Dominique Camille et Claude font un plan à trois, il y a hésitation. Et il faudra prendre garde si vous voulez vous joindre à leur partie de jambes en l'air(2).
Une analyse phénotypique macroscopique semble largement insuffisante(3). Seins, courbes, musculature, pilosité… Tout cela varie beaucoup chez les deux sexes. Les mamies moustachues sont légion.
Insuffisant, donc.
Quelles sont les propositions pour remédier à notre problème ? Que dit l'audience ? Rien ?
Peut-être faire une prise de sang, puis une analyse chromosomique, dit un petit malin. C'est bien Dylan, tu auras un susucre. Peut-être.
Ce serait tellement simple ! Hop, on regarde s'il y a un chromosome Y, et le tour est joué(4).
Mais nos problèmes ne font que commencer. Parce que certaines personnes sont dotées de trois chromosomes sexuels. Ainsi, il survient parfois qu'un individu soit doté de chromosomes XXX sur la 23 e paire, ou XXY (syndrome de Kienfel), ou encore XYY (syndrome 47)… Dans ces situations bien particulières, les individus peuvent avoir des phénotypes différents, parfois difficiles à déterminer, parfois carrément l'individu ignore sa particularité.
C'est en effet au niveau chromosomique qu'est déterminé le sexe « génétique » de l'individu. Le chromosome Y, caractéristique des mâles chez les humains, porte notamment le gène SRY, qui est l'un des plus déterminants pour la formation des organes génitaux mâles. Mais la complexité derrière tout ça est en réalité bien plus… complexe.
Mais attendez ! Pourquoi je parle de biologie depuis tout à l'heure ? Le titre de l'article ne parle pas de distinguer un mâle d'une femelle, mais un homme d'une femme !
Ce qui est largement plus simple en fait ! Il suffit de regarder de menus éléments tels que le salaire, l'aptitude au maniement du plumeau, les capacités d'orientation grâce à une carte routière, le temps passé à ronchonner / à lire le journal pépère sur un fauteuil, et bien d'autres !
Toutes mes excuses, messieurs, pour mes palabres inutiles. Et n'oubliez pas : Babette, elle est meilleure quand on la fouette(5) !
- (1)↑ Oui, bon, ce paragraphe ne fait absolument pas avancer l'article, je sais.
- (2)↑ Non pas que le cas me soit déjà arrivé, s'entends, hein.
- (3)↑ Si vous n'êtes pas d'accord, c'est que vous ne connaissez pas le terme phénotype. À moins que ce ne soit macroscopique qui vous pose problème ?
- (4)↑ S'il y en a un, c'est que c'est un mâle.
- (5)↑ Attention : ceci est de l'humour. Merci de vous munir de votre second degré pour la lecture de cette phrase. Et du reste de l'article, par la même occasion.
Trouer carré
Omnilogismes du jour par le 26/03/2018 à 00:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Qui ne s'est jamais un jour dit : « mince, mais comment vais-je faire pour faire un trou carré ? »
Personne ?
Ah, tant pis…
Plus sérieusement, il est vrai qu'un trou carré dans un mur ne présenterait pas beaucoup plus d'avantages qu'un bon vieux trou rond pour y accrocher quelque chose. D'autant que ledit trou rond est bien plus facile à faire, et pour cause : le plus simple et rapide pour faire un trou, c'est encore de faire tourner rapidement un foret(1), ce qui permet à la fois de trouer et pénétrer le matériau à percer, et également d'évacuer les débris.
Et a priori, quand on fait tourner quelque chose, ça fait un rond. Pourquoi, d'ailleurs ? Eh bien tout simplement parce qu'un rond (ou pour être plus rigoureux, un cercle) a comme propriété d'avoir tous les points le composant à égale distance de son centre. Donc, si on fait tourner quelque chose autour d'un centre (ou pour être plus rigoureux, un axe), chaque point de notre « quelque chose » décrira un cercle.
Ce qui permet donc d'avoir des jolis trous bien ronds. Mais au final, un trou rond n'est pas toujours le plus pratique : ce qu'on met dedans est susceptible de tourner, et donc d'éroder les bords du trou, et donc l'agrandir. Un trou carré peut donc bel et bien parfois être utile. Seulement voilà, un carré n'est pas rond(2), en conséquence de quoi ce n'est pas si simple d'en trouer un…
C'est là que le triangle de Reuleaux(3) entre en scène !

Le triangle de Reuleaux, qui n'est pas un triangle, a cependant une propriété très intéressante : tous ses « côtés » ont la même longueur. On peut en construire un très simplement : à partir d'un triangle équilatéral, on trace trois cercles avec un côté du triangle pour rayon, et pour centres chacun des sommets du triangle : 
En conséquence, puisque ce sont tous des rayons de cercles de même taille, toutes les « hauteurs » d'un triangle de Reuleaux ont également la même longueur : 
Bon c'est bien beau toutes ces figures, mais je ne vois pas tellement en quoi c'est lié aux trous carrés !
On y arrive ! Déjà, notons que, de par ses propriétés, si on fait rouler un triangle de Reuleaux sur une surface plane, sa hauteur restera constante, comme pour un cercle : 
Notez toutefois que, contrairement à un cercle, le centre du triangle de Reuleaux ne reste pas, lui, à la même hauteur.
À partir de là, on y est presque ! Plutôt que de le faire rouler dans une direction, si on essayait de le garder au même endroit ? Puisqu'on peut le faire tenir entre deux barres horizontales de hauteur constante en bougeant son centre de haut en bas, on doit bien pouvoir le faire tenir entre deux barres verticales à distance constante en bougeant son centre de droite à gauche (vu la symétrie du triangle de Reuleaux). Et si on place deux limites horizontales et deux barres verticales, on obtient… Un carré ! 
Et le centre du triangle ayant un mouvement horizontal et vertical, il décrit un cercle, tournant en sens inverse du triangle.
Alors en effet, ce n'est pas un carré parfait, les sommets ne sont pas totalement délimités par la rotation du triangle. Mais c'est déjà mieux que rien !
Il n'y a plus qu'à installer un petit coude sur une perceuse (pour obtenir le mouvement en cercle du centre du triangle) et à évider un peu le triangle pour lui donner des « dents » (pour évacuer les déchets), et le trou est joué(4) ! 
… Et nous passerons sous silence le fait qu'il est de nos jours plus simple de faire des trous carrés grâce à une découpe laser, ou même un jet d'eau sous pression.
To be or not to be... a pigeon
Omnilogismes du jour par le 01/02/2018 à 23:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Cette expression connue de tous trouve ses origines dans l'utilisation que l'homme a fait du pigeon dans l'Histoire.
Pendant des siècles, les pigeons ont été utilisés comme messagers afin de transmettre les nouvelles du mondes au différentes cours royales, transmettre des ordres militaires…
Par ailleurs, il fut également donné en pâture à de grands rapaces.
De plus, au XVe siècle le mot pigeon commence à faire référence a une dupe soit un homme crédule que l'on trompe. Ce mot vient lui-même d'un oiseau, la huppe, qui tient son nom de sa crête. Ainsi, le mot duper (c'est-à-dire dé-hupper) signifie plumer.
Le pigeon étant plus commun que la huppe, l'expression resta !
La naissance d'une ville : Rome
Omnilogismes du jour par le 06/01/2018 à 23:00:00 - Favoriser (lu/non lu)

Il était une fois deux frères jumeaux.
Fils de la vestale Rhéa Silvia (fille du roi de la ville d'Albe la Longue) et du dieu Mars, ils devaient être jetés dans le Tibre suite au détrônement de leur grand-père le roi d'Albe par son frère.
L'ordre fut cependant mal exécuté, au lieu d'être jetés, ils furent déposés sur le fleuve dans un panier. Il furent recueillis par une louve qui les allaita.
Tite-Live et Plutarque rapportent que les jumeaux furent trouvés par le berger Faustulus qui les éleva avec sa femme Laurentia, surnomée Lupa par les bergers voisins. Peut-être pouvons-nous voir là la légende des jumeaux élevés par une louve. Il est à noter que le mot latin lupa a deux significations : le mot louve mais aussi le mot prostituée, métier de Laurentia.
Ils décidèrent un jour de fonder leur propre ville à l'endroit oú il furent abandonnés et élevés. Toutefois, c'est le choix du nom et de la gouvernance de la ville qui sera à l'origine d'un conflit fratricide.
Dans un premier temps, afin de pouvoir régler leur conflit, ils consultent les auspices. Ils s'installent chacun sur une colline environnante, Rémus est le premier à voir six vautours, cependant Romulus finit par en voir douze. Ce qui pose problème pour l'interprétation du présage : plus de vautours, ou un présage plus rapide ?
De cet évènement découle une bagarre engendrant la mort de Rémus. Son frèr créa donc la ville de Rome en se basant sur son propre nom : Romulus.